Chronique Le Chemin s’arrêtera là de Pascal Dessaint

ANTOINE TRACOL, Librairie Lucioles, Vienne

C’est dans un no man’s land de la côte nordique que nous emmène Pascal Dessaint avec ce roman. Des portraits aussi inquiétants qu’atypiques vous attendent, aux abords des dunes où la pêche, en plus d’être une passion, est une méthode de survie. Il semble résonner en nous la désormais célèbre réplique du commandant Van der Weyden dans la série P’tit Quinquin de Bruno Dumont : « Nous sommes au cœur du mal, Carpentier ! » Au sein de cette nature polluée par les usines, au beau milieu des blockhaus en ruine, des meurtres sont commis, sans que le moindre cri ne trouble le silence des environs, qu’enveloppent les épaisses fumées crachées par les énormes cheminées de la centrale nucléaire. Ici, malgré l’apparition d’un inspecteur, il n’y a pas d’enquête. Ce sont les habitants qui font leurs propres lois, édictent leurs propres règles. Les rancœurs s’accumulent au fil des cinq tableaux qui composent le roman. L’écriture franche et directe de Pascal Dessaint fait planer sur cette parcelle de terre une ambiance froide, où les cadavres rencontrent l’inceste et où Tarkovski aurait pu planter le décor de son chef-d’œuvre Stalker. Préparez-vous à une immersion en terre inconnue. Sans aucune fantaisie.

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