Polar
Gabino Iglesias
La Maison des os et de la pluie
-
Gabino Iglesias
La Maison des os et de la pluie
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Szczeciner
Sonatine
03/09/2026
392 pages, 23,50 €
-
Chronique de
Quentin Franchi
Librairie La Comédie humaine (Avignon) -
❤ Lu et conseillé par
7 libraire(s)
- Jean-Pierre Barrel de Un petit noir / Librairie-Café-Polar (Lyon)
- Elise Thery de Mots en lignes (Courbevoie)
- Audrey Andriot de Jonas (Paris)
- Benoît Lacoste de Aux feuilles volantes (Saint-Paul-lès-Dax)
- Brice Bonneau de Coiffard (Nantes)
- Armelle Majouga de François Rabelais (Gennevilliers)
- Audrey Berriot de Goulard (Aix-en-Provence)
✒ Quentin Franchi
(Librairie La Comédie humaine, Avignon)
L'auteur portoricain Gabino Iglesias revient en grande pompe avec son poignant et quatrième roman traduit en français, La Maison des os et de la pluie, et confirme sa place parmi les meilleurs auteurs de romans horrifiques.
On lui doit Santa Muerte, Les Lamentations du coyote et Le Diable sur mon épaule, lauréat en 2022 du Prix Shirley Jackson et du Prix Bram Stoker du meilleur roman. Son œuvre s'inscrit dans un style de son invention : le barrio noir, savant mélange de genres entre thriller, roman noir, fantastique, horreur, surnaturel et légendes caribéennes, le tout passé au filtre d'un prisme sociétal et d'une critique politique de la gestion des colonies et des frontières par le gouvernement états-unien. C'est dans cette ligne directe que s'inscrit son dernier roman. On découvre une bande de cinq amis qui se sont rencontrés au lycée, chacun a sa propre histoire et pourtant quelque chose les relie : des histoires de famille défaillantes, des violences intrafamiliales, des pères absents, des mères seules luttant contre vents et marées. Ils forment une fratrie de cœur, à la vie à la mort. Alors, lorsque l'un des cinq amis perd sa mère dans une fusillade, c'est tout leur monde qui s'écroule. Il leur faut comprendre pourquoi mais surtout qui l’a tuée. C'est la vengeance qui mènera la danse tout au long de ce récit sanglant, mené tambour battant, sur ce territoire dangereux, abandonné et inhospitalier qu'est Porto Rico : dangereux car la violence des cartels est omniprésente et leur impunité notoire ; abandonné car totalement méprisé par le gouvernement américain ; et inhospitalier car régulièrement victime de violents ouragans meurtriers. Le roman débute justement lorsqu'un violent cyclone est annoncé. Nous serons pris dans ce décor cataclysmique, oppressant et fascinant, détruisant tout sur son passage et draguant avec lui les fantômes du passé. Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit, une histoire de fantômes, ceux qui nous hantent sans relâche. Finalement rien de nouveau car « toutes les histoires sont des histoires de fantômes. »