Chronique Géopolitique de l’homme juif de Jean-Luc Évard

Valérie Wosinski

Le débat sur la sécularisation, s’il a eu lieu dans le christianisme, se pose également pour le judaïsme. Selon Jean-Luc Evrard, il permet de reconsidérer la situation actuelle, tant pour Israël que pour la diaspora.

Les rapports entre théologie et politique, a fortiori dans le cas du monothéisme, sont toujours problématiques. Dans le cas du judaïsme, il se complique d’un rapport à l’État longtemps différé. La création d’Israël permet certes d’en définir le cadre, mais Jean-Luc Evrard rappelle que les Juifs de la diaspora ont un rapport différent à la terre sacrée. Car le retour à cette terre n’est pas écrit pour tous. Pour l’auteur se pose la question d’une troisième voie : « N’y a-t-i pas moyen pour l’homme juif de cesser de payer tribut à la pensée obsédante qui l’écartèle entre une assimilation perfide et imaginaire, d’une part, et, d’autre part, une dissimilation qui ne met pas fin à sa fragmentation intime d’Oriental de l’ouest et d’Occidental de l’est ? » Autrement dit, une géopolitique de l’homme juif est-elle possible, qui ne séparerait pas théologie et politique, ni ne gommerait la spécificité juive ? La transformation accomplie par le sionisme n’est qu’imparfaite, selon l’auteur. Il s’agit d’engager une révolution de la théologie politique juive, en assumant ce qu’elle est : « une technique philosophique de commutation des points cardinaux du genre humain ».

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