La vie du libraire Léopoldine Raynal
Comment et pourquoi êtes-vous devenue libraire ?
Léopoldine Raynal Je suis d’abord devenue librairie par logique plus que par passion. J’aimais les livres et j’aimais les gens, la librairie cochait ces cases donc j’ai cherché une place en tant que libraire. Et puis j’ai petit à petit pris conscience du rôle que pouvait jouer une libraire et une librairie dans une ville, et la raison est devenue passion !
Parlez-nous un peu de votre librairie et de votre équipe.
L.R. J’ai ouvert ma librairie en décembre, au Tréport, en bord de mer, dans une ancienne salle de spectacle. Un bâtiment remarquable et un grand jardin, tout ce dont je rêvais ! Comme je voulais un lieu où chacun.e se sent à l’aise et accueilli.e, il était primordial pour moi de pouvoir proposer un coin café à part entière et non glissé entre deux tables de présentation de la librairie. L’espace de la librairie me permet de faire aussi des expositions, des concerts, des lectures musicales et des ateliers. Nous sommes deux à travailler aux Bucoliques. J’ai choisi Léa, ma collègue, avant même d’avoir le lieu ! Sa personnalité, ses multiples casquettes et notre complémentarité m’ont tout de suite plu. Être deux regards, deux cerveaux, deux désirs, était important pour moi.
Quels sont vos principaux défis professionnels ?
L.R. Deux défis me tiennent à cœur. D’abord celui de mon implantation au Tréport. Cette ville et ses alentours ont un intérêt majeur pour moi : ils brassent une population mélangée, d’univers culturels et sociaux très différents. Réussir à être un lieu de rencontre pour ces milieux éloignés est un premier défi ! Mon deuxième défi rejoint d’une certaine façon le premier car je voudrais prendre part au combat des librairies en ruralité, des librairies plurielles, qui réinventent un modèle pour faire face aux difficultés financières, mais aussi pour conquérir un public plus nombreux. Des modèles souvent méprisés par les grandes instances du livre, alors qu’ils sont pour moi l’avenir !