Littérature étrangère
Sawako Natori
Un automne velouté
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Sawako Natori
Un automne velouté
Traduit du japonais par Mathilde Bitsch
Le bruit du monde
01/10/2026
336 pages, 19,90 €
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Chronique de
Aquilina Tannous
Librairie Goulard (Aix-en-Provence) -
❤ Lu et conseillé par
4 libraire(s)
- Margot Bonvallet de Passages (Lyon)
- Mélanie Dallara de Goulard (Aix-en-Provence)
- Aquilina Tannous de Goulard (Aix-en-Provence)
- Emmanuelle Cassagnes de Liber & Vous (Bourgueil)
✒ Aquilina Tannous
(Librairie Goulard, Aix-en-Provence)
Sawako Natori retrouve Nohara lorsque l’automne commence à adoucir ses jours. Entre les livres et les vies qui s’y racontent, le temps semble s’écouler autrement et prendre une saveur particulière.
À la librairie du vendredi, les saisons changent avec les histoires de ceux qui en poussent la porte et au rythme des vies qui s’y croisent. Elles se glissent entre les pages, éclairent la gare de Nohara, où le temps lui-même semble avoir une autre saveur. Après la lumière du printemps et la chaleur de l’été, Sawako Natori laisse venir l’automne, avec une douceur qui semble atteindre ses phrases.
Les souvenirs difficiles de l’été ne sont pas très loin, mais la librairie reprend son souffle. Un registre de volontaires permet désormais aux clients de prêter main-forte à l’équipe et de s’aventurer, à leur tour, dans la mystérieuse réserve souterraine. La librairie devient le terrain d’une capitaine de volley-ball prise dans une rivalité avec une coéquipière, d’un fils qui ne sait plus comment parler avec sa mère, d'un père qui cherche un chemin vers sa fille : chacun espère réduire la distance qui s’est creusée au cœur d’un lien avec un être proche.
Toute la délicatesse du livre réside dans la place que Sawako Natori laisse aux livres au milieu des vies. Dans la réserve circulent Dazai, Murakami ou Ibaragi, tandis qu’à l’étage les veloutés préparés par Sugawa accompagnent doucement le retour des conversations.
Et l’écriture elle-même semble gagner la douceur de la saison. Elle ralentit avec l’automne, prend son temps, comme si ce dernier s’était étiré pour permettre à chacun de retrouver le chemin de l’autre. L’autrice prend le temps d’observer une lumière qui change, un livre que l’on ouvre ou même la chaleur d’un bol entre les mains, tous ces détails presque insignifiants dont une journée finit pourtant par garder. On quitte le livre pour avoir l’étrange impression d’avoir séjourné quelque temps à Nohara, au rythme tranquille de sa librairie et des trains qui la traversent.