Chronique Pulsations de Julian Barnes

  • Julian Barnes
  • Traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin
  • Coll. «Coll. « Bibliothèque étrangère »»
  • Mercure de France
  • 15/09/2011
  • 280 p., 22 €

MAINDRON GAËLLE, Librairie COIFFARD, Nantes

Julian Barnes nous manquait. Après deux ans de silence et son très inclassable 
Rien à craindre, le revoilà avec un recueil de nouvelles déroutant à l’humour et l’humeur très britanniques, entre ironie et émotion.

Pulsations est un recueil de neuf nouvelles qui s’articule en deux parties. Les quatre premières dressent un portrait de la middle class britannique, les cinq dernières forment un ensemble de textes autour du thème des cinq sens. Comme un clin d’œil à l’ensemble de son œuvre, Barnes revient sur des préoccupations qui lui sont chères et s’interroge sur la société anglaise d’aujourd’hui, ses préoccupations, ses engagements. Chaque personnage est entraîné par une pulsation, une sorte de sursaut qui intervient suite à un succès ou à une perte, un nouveau départ ou la fin d’une histoire. Dans cette première partie, l’auteur parle de thèmes d’actualité comme la politique ou l’immigration, mais aussi du quotidien, l’amour, l’amitié, la solitude, les souvenirs… Avec Vernon, l’agent immobilier, on croit rencontrer l’amour. Alice et Jane, elles, tentent de garder l’illusion de leur amitié alors que la jalousie les ronge l’une et l’autre. Nous passerons une année au jardin avec Ken et Martha qui, « au bout de huit ans de mariage, […] avaient commencé à s’offrir mutuellement des cadeaux utiles, qui confirmaient leur projet de vie commun plutôt qu’ils n’exprimaient leurs sentiments. » Les sujets sont graves, mais le ton a la faculté de faire sourire. C’est ainsi que l’on découvre que le vol de sapins de Noël est très répandu Outre-manche, et qu’après le dîner, chez Phil et Joanna, on s’interroge sur des sujets aussi vastes que le tabagisme, Barack Obama, Hugh Grant, le sexe, la marmelade, la liposuccion ou encore le réchauffement climatique. La dernière nouvelle de cette première partie amorce le changement de ton de la seconde. De retour sur l’île de Mull où il a passé les meilleurs moments de son mariage, Calum, veuf depuis peu, doit apprendre à conjuguer ses souvenirs à la première personne. Dans l’ensemble plutôt léger, Julian Barnes peint la société anglaise avec tendresse, lucidité et humour. Il met en plein dans le mille à chaque fois et sait nous émouvoir.

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