Chronique Nuage de cendre de Dominic Cooper

  • Dominic Cooper
  • Traduit de l’anglais (Écosse) par Céline Schwaller
  • Coll. «Coll. « Bibliothèque écossaise »»
  • Métailié
  • 01/03/2012
  • 240 p., 19 €

Par Romain Cabane, Librairie des Danaïdes, Aix-les-Bains

Habités par leurs démons, une poignée d’hommes et de femmes se déchire tristement dans une querelle sans fin sur fond d’immensités sans merci. Un récit maîtrisé.

Pour commencer, il faudrait évoquer l’Écosse, pays de l’auteur, rude, montagneux, jadis découpé par les glaciers, à la frontière entre mer du Nord et océan Atlantique... Un pays qui ressemble à l’Islande. S’y déroulait Vers l’aube, un précédent roman très ancré sur cette terre où la nature sauvage, la lande austère, inhospitalière était un personnage à part entière représenté avec poésie. Ici c’est un peu moins le cas, et les paysages tour à tour brûlants ou glacés apparaissent comme un écho aux tourments des hommes et des femmes qui font le cœur du roman. L’histoire est une tragédie : elle se déroule au XVIIIe siècle au milieu d’éruptions volcaniques et de famines, au temps où l’Islande était une colonie danoise. Deux hommes s’affrontent. Ils ont des responsabilités puisqu’ils sont shérifs, ils ont des familles, des « administrés » et l’on assiste à cette lutte implacable qui prend corps au sein d’une société traditionnelle et rigide dans laquelle la rumeur tue un être aussi sûrement qu’un poignard. Un regard acéré et limpide sur ces haines recuites, sur ces affaires qui durent davantage que le temps d’une vie.

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