Chronique Les Folles Espérances de Alessandro Mari

  • Alessandro Mari
  • Traduit de l’italien par Anna Colao
  • Coll. «Coll. « Grandes Traductions »»
  • Albin Michel
  • 19/08/2015
  • 992 p., 27 €

Agathe Guillaume Librairie Millepages (Vincennes)

Le très jeune et tout aussi brillant Alessandro Mari dresse le portrait d’une Italie rayonnante, celle du début du XIXe siècle. De Gênes au Brésil, en passant par Londres, ces folles espérances sont absolument réjouissantes.

Histoire, politique, espionnage et amour sont les ingrédients de ce roman fleuve. Alessandro Mari tisse quatre fils narratifs comme autant de destins incroyables et entremêlés. Colombino, le garçon un peu simplet élevé par un curé, entreprend un voyage mouvementé pour rencontrer le Pape, par amour pour une femme. Lisander, le peintre débauché, découvre la photographie. Leda, la femme qui a tout perdu, se lance dans l’espionnage à Londres. Enfin, le lecteur suivra le parcours politique et amoureux de Garibaldi durant la guerre des Farrapos. Tous sont portés par un même mouvement de justice et de passion. Leur confrontation avec l’Histoire en fera des héros modernes inoubliables pour le lecteur. Mari excelle à rendre ses personnages incroyablement vivants, travaillant chacun d’eux avec autant de profondeur et d’attachement. Il créé également des figures secondaires qui n’en sont pas complètement, comme Aninha, la fabuleuse femme de Garibaldi, ou l’inoubliable âne Astolfo, compagnon de route de Colombino. Chiarella la prostituée, l’élue de Lisander, a également toute sa place. Cette folle période de révolutions et de bouleversements qui débouchera sur l’unification de l’Italie dégage une énergie rare. Affaire d’époque. Mais également affaire de talent : le livre est porté par une écriture extrêmement moderne et fougueuse. Les Folles Espérances peut être lu comme une saga politique et amoureuse, en même temps que comme une déclaration d’amour à la littérature et à l’Histoire. Le roman, qui sonne comme un hommage à Charles Dickens, évoque aussi le Diadorim de João Guimarães Rosa (Albin Michel). Alessandro Mari est traducteur, notamment de Thomas Pynchon. En outre, il est l’auteur de trois autres romans que les lecteurs français auront hâte de découvrir. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître !

Les autres chroniques du libraire

À VOS MARQUES, PRÊTS, LISEZ !

Panne d'inspiration ?

Nos libraires vous conseillent à domicile
tous les vendredis pour vous et vos enfants

Je veux recevoir 6 idées lectures pour moi et ma famille

@