Chronique Corps étrangers de Cynthia Ozick

AGATHE GUILLAUME, Librairie Millepages, Vincennes

Cynthia Ozick, figure importante de la littérature juive américaine, signe, à plus de 80 ans, un roman remarquable qui emprunte à Henry James l’intrigue développée dans Les Ambassadeurs.

Paris, 1950. Alors que la ville est devenue le point de ralliement des jeunes qui aspirent à une vie de bohème et d’écriture, Doris est dépêchée par sa famille pour récupérer son neveu « égaré », Julian. Enseignante new-yorkaise divorcée, elle tente de retrouver ce jeune homme avec qui elle n’entretient aucun lien particulier et qui ne semble pas disposé à rentrer. Amoureux d’une réfugiée roumaine, il vit une histoire passionnelle et douloureuse. Le couple est rejoint par Iris, la sœur de Julian jusque-là exemplaire, qui commet la première folie de sa vie. Le père perd ainsi ses deux enfants, qui se dérobent à son emprise pour assouvir leur besoin de liberté. La désillusion ne tardera pas, car Paris n’est pas aussi hospitalière que dans les rêves de jeunes Américains. En plus d’être un magnifique roman sur les liens familiaux, Corps étrangers interroge la responsabilité de l’individu vis-à-vis de sa famille, même quand celle-ci est loin. Avec une grande subtilité, Cynthia Ozick approfondit la psychologie de chacun de ses personnages. Paumés, exilés ou solitaires, ils nous deviennent familiers. Entreprise périlleuse, cette réécriture d’un grand classique dans une langue très moderne est une réussite.

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