Chronique Après la guerre de Hervé Le Corre

Virginie Vigouroux Librairie Vivement dimanche (Lyon)

Hervé Le Corre revisite une période sombre de l’Histoire, celle d’une France qui panse les blessures laissées par la Seconde Guerre mondiale, et qui s’apprête à aller combattre en Algérie, où l’attendent d’autres blessures.

Le commissaire Darlac présente toutes les caractéristiques du flic pourri. Largement compromis avec les nazis pendant l’Occupation, il entretient désormais des liens étroits avec la pègre. Hervé Le Corre décrit son quotidien d’ordure sans scrupules, que rien ne semble jamais devoir bouleverser. Jusqu’à ce que sa fille se fasse agresser. Alors son instinct se met en alerte : qui lui cherche querelle ? Débute une traque. Dans le même temps, Daniel, jeune homme dont les parents sont morts à Auschwitz, part en Algérie pour une guerre qu’il ne comprend pas. Mais surtout dont il n’imagine pas la barbarie. Ces deux destins s’enchevêtrent avec un troisième… dont je ne vous dirai rien pour, justement, ne pas trop en dire. La construction est brillante de bout en bout, le mot toujours juste. Le lecteur ne connaît aucun répit. Atrocités commises en Algérie, agissements sadiques de Darlac et souvenirs de la Seconde Guerre mondiale… rien ne nous est épargné ! Tout comme Daniel, nous assistons impuissants au déroulement du cauchemar. « À la guerre, dit le jeune homme, on n’est plus libre de rien. On n’est plus soi-même. [...] la peur au ventre [nous] ensauvage et [nous] abrutit. » Quand le polar atteint de telles hauteurs, le lecteur est comblé. K.O, mais comblé.

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