Chronique La Djouille de Jean Pérol

Linda Pommereul Librairie Doucet (Le Mans)

Ce roman décrit une humanité meurtrie par la guerre ou écrasée par le poids des inégalités sociales, il raconte l’humanité dans sa folie et ses désillusions, dans sa générosité et sa solitude. Il y a du bruit et de la fureur dans ce texte.

Jean Pérol est un poète, romancier, un écrivain voyageur, professeur au lycée français de Tokyo, il sera aussi le directeur de l’Institut franco-japonais pendant cinq années. À la demande d’Aragon, il fera des portraits d’auteurs, comme Mishima, et entretiendra des relations amicales avec un dénommé Kawabata. Il travaillera et séjournera aussi à La Nouvelle-Orléans, et même à Kaboul. Ses écrits sont imprégnés par ces longues années de voyage à l’étranger. Un bon livre crée un lien fort entre l’écrivain et le lecteur. C’est le sentiment que l’on éprouve à la lecture de l’œuvre littéraire de Jean Pérol, que ce soit sa poésie ou un roman comme Le Soleil se couche à Nippori (La Différence). Son parcours peu ordinaire sert une écriture exigeante, portée par un besoin permanent de liberté. L’Afghanistan et la province française sont au cœur de ce roman lumineux et mélancolique. Un vieux professeur vit retiré dans le massif des Cévennes. Il se souvient de l’amour qu’il a éprouvé pour une certaine Justine, de ce sentiment d’échec qui l’a possédé et l’a détruit au point de le pousser à s’exiler vers les terres hostiles de l’Afghanistan. C’était au moment de l’invasion soviétique. Le pays s’écroule, les hommes sont épuisés, les espoirs sont emportés par la guerre. Quelques années plus tard, il revient en France. Protégé par sa solitude, il vit loin des tourments du monde. Pourtant, il accepte l’aide d’un jeune étudiant, Fabien, qui vient l’aider à mener des travaux de restauration. Il observe le jeune homme comme le reflet de sa propre jeunesse, surtout quand il le voit s’éprendre de la jeune Clara. Des sentiments profonds se dégagent de ce texte d’une rare poésie, car lorsque Jean Pérol parle de la beauté du monde et de la noirceur des hommes, il fixe le temps sur des images d’une rare puissance.

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