Dossier Esclaves et négriers de Max Guérout

Par Amélie Ranchin, Librairie Le Jardin des lettres, Craponne

À l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en France, deux ouvrages documentaires sont publiés, l’un retraçant l’histoire de l’esclavage dans sa globalité et l’autre s’attachant au destin d’un jeune esclave noir.

Comme nous l’apprend le documentaire intitulé Esclaves et négriers (Fleurus), l’esclavage débute dès l’antiquité et va connaître son apogée avec les grandes découvertes européennes. À travers des doubles pages claires, bien illustrées et légendées, on découvre le cheminement des esclaves et des négriers, de l’armement du navire, très cher et nécessitant souvent plusieurs investisseurs, à la vente aux enchères de ces hommes considérés comme des biens. Même si des voix s’élèvent contre l’esclavage en rappelant le respect de la vie humaine, la traite des noirs va trouver une justification morale dans l’évangélisation « nécessaire » de ces peuples. Les Africains sont en effet les premières victimes de ce commerce mais en sont également acteurs, notamment à l’occasion de conflits armés entre voisins. Les esclaves vendus aux enchères sont pour la majeure partie destinés à travailler dans des plantations agricoles. Certains deviendront aussi des « nègres de cases », c’est-à-dire domestiques ou des « nègres de talent », formés à un métier, avec des conditions de vie un peu moins difficiles.

C’est la chance que va avoir Scipio, le personnage principal de l’album Catfish, publié chez Gallimard. Le garçon est en effet placé chez Jonas, un homme blanc qui non seulement lui apprendra le métier de tonnelier mais également à lire et à écrire. Suite à une révolte, les deux hommes fuiront la plantation et s’installeront dans l’atelier d’une petite ville. Après plusieurs années, le tonnelier décidera de rendre sa liberté au jeune homme. L’auteur, Maurice Pommier, nous fait découvrir le destin de ces personnages à travers une belle histoire et surtout des illustrations à l’ancienne magnifiques. C’est donc de deux manières différentes, aussi intéressantes l’une que l’autre, que les enfants peuvent être sensibilisés à l’esclavage et à sa continuité dans le monde d’aujourd’hui.

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