Chronique L'Audacieux Monsieur Swift de John Boyne

  • John Boyne
  • Traduit de l'anglais (Irlande) par Sophie Aslanides
  • JC Lattès
  • 26/02/2020
  • 408 p., 22.90 €

Aurélie Baudrier Librairie Raconte-moi la terre (Lyon)

Après l'excellent Les Fureurs invisibles du cœur (JC Lattès et Le Livre de Poche), l’écrivain irlandais John Boyne s’essaye à un genre différent et signe un thriller psychologique captivant. Au cœur de cette nouvelle intrigue située dans le milieu littéraire, un personnage diabolique que vous n’êtes pas prêts d’oublier°!

 

Maurice Swift n’aspire qu’à une chose : devenir un écrivain reconnu, un de ceux qui monopolisent le sommet des meilleures ventes et raflent des prix littéraires. Il est prêt à tout pour réussir. Pour cela, il ne manque pas d’atouts : la beauté, l’intelligence et le charisme. Malheureusement, malgré un style certain, ses écrits manquent profondément d’imagination. Il travaille comme serveur à l’hôtel Savoy de Berlin lorsqu’il rencontre le célèbre romancier Erich Ackerman. Séduit, l’auteur lui dispense quelques conseils puis lui propose de devenir son assistant. Au fil d’une tournée promotionnelle, le vieil homme, comme ensorcelé, révèle à Maurice un secret qui le hante depuis sa jeunesse. En faisant sienne cette histoire, le jeune homme connaîtra son premier succès et provoquera la disgrâce de son mentor. Mais Ackerman ne sera pas sa seule victime. John Boyne imagine un scénario en trois actes et deux intermèdes. La carrière de Maurice Swift est racontée tour à tour par les personnes qu’il abuse avant que notre héros acculé livre sa version des faits dans un dernier chapitre à rebondissements. Au fil du texte, on le découvre à la fois charmeur, obséquieux, insolent et blessant. Grâce à une grande acuité psychologique, il parvient habilement à cerner ses interlocuteurs pour mieux les manipuler. Mal à l’aise, le lecteur assiste impuissant à ses stratagèmes. En cela, l’audacieux Monsieur Swift n’a rien à envier au talentueux Monsieur Ripley. Le titre français est en effet une référence explicite au héros créé par Patricia Highsmith. Les points communs sont nombreux, même personnalité complexe, même ambition funeste et même machiavélisme. John Boyne crée avec lui une figure fascinante que le lecteur se plait tantôt à admirer, tantôt à haïr. Ce roman est aussi l’occasion pour l’auteur irlandais de faire une satire du microcosme littéraire et d’interroger ce qu’est la création : d’où vient une idée ? Les écrivains sont-ils nécessairement des voleurs d’histoires ? À ce jeu là, Maurice Swift est assurément le plus doué.

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