Chronique La Nuit du bûcher de Sandor Marai

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Christine Jankowski Librairie Tome 19 (Revel)

Sándor Márai, auteur hongrois, compare l’Inquisition, qui promettait le Salut sur un grand bûcher religieux, aux purges du fascisme et du totalitarisme qu’il a lui-même fui.

Au mitan de l’Inquisition, un carme espagnol du monastère d’Avila est envoyé à Rome prendre des leçons d’Inquisition, et, plus précisément, l’art de reconnaître la sincérité de l’aveu chez l’hérétique. La première partie du roman relate les seize mois pendant lesquels le carme se forme au protocole complet de l’Inquisition romaine. Il est activement convaincu de la justice de l’Inquisition et participe avec ferveur à l’accompagnement du condamné au bûcher en récitant des litanies. Après avoir gagné la confiance de la confrérie, il est autorisé à participer avec les confortatori à la dernière nuit du condamné. Ceux-ci ont pour mission de sauver l’âme de l’hérétique en l’adjurant d’accepter sa condamnation afin d’éviter l’Enfer. Cependant, le dernier condamné est Giordano Bruno, qui vient de passer sept ans dans les geôles sans jamais vaciller. Il monte sur le bûcher en homme libre, qui n’a rien renié de lui-même. À ce moment, le petit carme doute. Sándor Márai dépeint l’Inquisition comme ce même totalitarisme qui broie la pensée. Mais si un homme, un seul, ne vacille pas, alors toute la raison d’être de cet acharnement est anéantie.

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