Chronique La Fille surexposée de Valentine Goby

Christine Jankowski Librairie Tome 19 (Revel)

Avant d’être ce roman, la fille surexposée est une photographie de femme mauresque, auréolée d’ombres sépia, que le photographe a volontairement barrée de couleurs. Ce n’est pas un saccage de l’image, mais au contraire un cri pour ne pas oublier. Ces jeunes femmes photographiées au début du xxe siècle au Maroc, nourrissent le fantasme du mâle occidental de l’ère coloniale. Dans la collection « Pabloïd », Valentine Goby a choisi de traiter le thème de la révolte. C’est le point de départ de l’histoire imaginée à partir de cette photographie. La petite fille d’un soldat découvre la carte postale d’une femme mystérieusement impudique dans un carton de souvenirs ayant appartenu à son grand-père. Elle remonte le cours du temps, l’histoire de ce bout de colonie et les motifs qui conduisent le soldat dans le quartier des prostituées du Bousbir, à Casablanca, enclave de jouissance réservée au colonisateur. Dans ce très beau texte, Valentine Goby explore des thèmes qui lui sont chers, le corps et les mensonges de l’image.

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