Chronique À la fin le silence de Laurence Tardieu

Christine Jankowski Librairie Tome 19 (Revel)

Comment porter la vie dans un contexte de grande violence ? Comment décrire l’indicible sentiment d’effondrement tout en étant dépossédée de son monde intime ?

L’auteure doit se séparer de la maison de son enfance, à Nice, lieu des joies et des douceurs de l’été. Ce lieu où se réunissaient familles et amis, partageant les fruits du jardin et du verger, s’abandonnant à tous ces moments simples qui font les souvenirs inoubliables. Les grands-parents italiens sont morts. La maison est trop coûteuse à entretenir. Pour l’auteure, c’est un crève-cœur. Pour ne pas l’abandonner, elle décide de la faire vivre par les mots, par l’écriture. À cet instant, les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher, proches du lieu de son habitation parisienne, créent une onde de choc dans son corps qu’elle ne s’explique pas elle-même, sinon cette impression constante de tomber. À ces moments du texte, son phrasé devient court, sans ponctuation, à l’image de la respiration qu’elle ne parvient pas à reprendre. Elle continue de perdre pied, jusqu’au vertige. Les chapitres alternent les tourments intérieurs de l’auteure, confrontée à la violence des attentats qu’elle vit dans son corps comme si elle était physiquement touchée, et les souvenirs de la maison d’enfance dont elle doit se détacher. Ce livre n’est pas vraiment un roman, mais une succession de sentiments vécus par l’auteure. Elle nous parle de la fin de l’insouciance avec sensibilité et sincérité.

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