Chronique Les Dévastés de J.J. Amaworo Wilson

Sandra Girault Librairie Privat (Toulouse)

Magnifique fable au réalisme magique, J. J. Amaworo Wilson écrit, avec son premier roman Les Dévastés, publié par les éditions de l’Observatoire, l’un des plus beaux textes de cette rentrée d’hiver ! Un véritable coup de cœur !

Favelada, mégalopole imaginaire d’Amérique du sud, abrite la tour Torres, ensemble d’habitations de soixante étages, construite dans le sang sur une ancienne décharge de la ville et laissée à l’abandon dans les années 1990 suite à la crise économique. Nacho Morales, polyglotte estropié, n’a qu’une ambition : se réapproprier ces lieux où il a grandi, pour abriter les 600 dévastés qui l’accompagnent. Ces dévastés, parias sans pays, sans destin vont construire, dans cette tour de Babel, une véritable communauté où chacun trouvera sa place. Chacun dans sa langue, avec son expérience contribuera à cette vie de solidarité dans le seul but de revendiquer une dignité humaine. Cependant, la famille Torres, à l’origine de la construction de la tour, en revendique la propriété. Soutenue par la police et le gouvernement, elle va mener une guerre sans répit à ces damnés de la Terre. L’auteur, J.J. Amaworo Wilson, fils d’un père britannique et d’une mère nigériane, né en Allemagne et parlant une demi-douzaine de langues, s’est inspiré de faits réels qui se sont produits à Caracas au Venezuela, dans un immense gratte-ciel abandonné puis occupé par des squatters de 2007 à 2015. À la manière d’un Borges ou d’un García Márquez, l’auteur propose une fable au réalisme magique, évocateur, teintée de références bibliques. Les dévastés vont faire face à une meute de loups (dont le chef possède deux têtes), une attaque de libellules, un déluge interminable… Autant d’allégories pour dénoncer les ravages de la mondialisation et l’oppression du capital. Ces dévastés sont le peuple opprimé mettant en place tous les moyens nécessaires à sa survie. La tour Torres, un État dans l’État, est la promesse d’un avenir meilleur. Nacho Morales, grand humaniste, incarne l’espoir d’un peuple à disposer de lui-même.

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