Chronique La petite fille qui en savait trop de Peter May

  • Peter May
  • Traduit de l’anglais par Ariane Bataille
  • Coll. «Rouergue noir»
  • Le Rouergue
  • 01/05/2019
  • 320 p., 22.80 €

Ce deuxième roman de Peter May, écrit en 1981 et resté inédit en français, nous entraîne en 1979, dans une Europe en construction et une ville, Bruxelles, « épicentre de tous les jeux de pouvoirs ».

Peter May nous replonge agréablement dans les « particularités culturelles propres à ces années-là (les années 1980, donc) et depuis longtemps révolues ». Cela donne à ce texte noir, très noir, une tonalité et une ambiance particulières. Il reste malgré tout d’une surprenante actualité (Brexit oblige) et revisite avec bonheur le mythe de l’affrontement épique entre le tueur à gages, ne vivant que pour et par ses contrats, et le héros solitaire. L’hiver 1979 fut maussade à Bruxelles : froid, neige et brouillard s’y donnèrent rendez-vous. Deux hommes allaient s’y mesurer. Kale est un ancien militaire britannique, il a appris à tuer et ne peut plus s’en passer. C’est « un tueur parfait : froid, efficace, implacable. Un homme sans pitié, pour personne y compris lui-même ». Neil Bannerman, jeune journaliste d’investigation prometteur, est envoyé à Bruxelles pour couvrir l’après élections générales britanniques (qui verront l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher) et l’entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE. C’est aussi pour son rédacteur en chef l’occasion de se débarrasser d’un élément très compétent (« probablement le meilleur journaliste d’investigation de toute l’Écosse pour l’instant ») mais un peu trop trublion (« vous êtes un emmerdeur, Bannerman. Vous jouez en solo »). Lorsque les autorités belges, avec la complicité des Britanniques, tentent d’étouffer le double meurtre d’un journaliste et d’un homme politique anglais, il décide – qu’avec ou sans le soutien de son journal – il fera toute la lumière sur cette affaire aux multiples et complexes rebondissements. S’engage alors une course contre la montre dont l’enjeu est non seulement de faire éclater la vérité mais également de protéger une jeune enfant, témoin innocente et malencontreuse de ce double assassinat.

Lionel Daubigney Librairie Aux vents des mots (Gardanne)

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