Chronique La Haine de la culture de Konrad Paul Liessmann

Sébastien Balidas Librairie Doucet (Le Mans)

Qui veut la peau de la culture ? Ici comprise dans son sens allemand de Bildung, c'est-à-dire comme vecteur d'édification, de construction et d'émancipation de l'individu, la culture est aujourd'hui simplifiée, uniformisée et utilitarisée. En un mot, elle est dévoyée quand elle n'est pas méprisée. C'est là le constat du philosophe autrichien Konrad Paul Liessmann. Dans l'ère de la post-vérité, la culture n'est plus qu'un moyen, en aucun cas une fin. Si l'ironie de l'auteur s'attaque à l'idée moderne d'un homme individualisé (ayant accès à ses aspirations et potentialités) et adapté (compétent) au monde qui l'entoure, homme éduqué mais affranchi d'un socle culturel ferme, elle souligne d'autant la nécessité d'une culture par essence subjectivement volontaire. Pour cela, Liessmann convoque le retour à une notion antique d'otium, oisiveté édificatrice choisie. C'est à ce seul prix que nos démocraties seront le choix éclairé de citoyens libres.

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