Polar
Sidonie Bonnec
La Femme effacée
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Sidonie Bonnec
La Femme effacée
Albin Michel
02/09/2026
406 pages, 22,90 €
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Chronique de
Christelle Le Botlan
Librairie Un livre sur l'étagère (Châteaubourg) -
❤ Lu et conseillé par
6 libraire(s)
- Elise Thery de Mots en lignes (Courbevoie)
- Dalila Mison de Edouard Glissant - Ludo mediathèque (BLANC MESNIL)
- Céline Le Mat de &cetera (Pacé)
- Annaïk Kerneuzet de Dialogues (Brest)
- Émeline Spagolla de Lo Païs (Draguignan)
- Elisabeth Durin de Jean Jaurès (Nevers)
✒ Christelle Le Botlan
(Librairie Un livre sur l'étagère, Châteaubourg)
Après La Fille au pair, la journaliste et animatrice Sidonie Bonnec passe avec brio le cap du deuxième roman, avec La Femme effacée. Un thriller domestique typique du genre prenant parfois la forme d’un palimpseste médiéval. Une recette qui fonctionne pleinement.
Totalement addictif ! Cette expression paraît bien galvaudée désormais et pourtant elle sied parfaitement à La Femme effacée. À quoi cela tient-il ? Sans doute au fait que le roman se structure tout en balancements incessants entre failles et solidités, entre le liquide et le solide, entre le passé et le présent, entre les certitudes et les incertitudes, le dessus et le dessous. Voilà qui est bien plus efficace encore que les nombreux twists et chapitres courts. À rendre fou. À douter de tout. Ainsi le lecteur avance-t-il dans le roman d’un pas chaotique, l’esprit embrumé de tant de questions. Alma, petite fille adorable le jour, est-elle aussi ce zombie nocturne en proie aux terreurs ? Gauthier, le séduisant et riche mari, est-il un amoureux attentionné ou un pervers ivre du besoin de tout contrôler ? Candice, elle-même constamment sous anxiolytiques, est-elle une femme lucide ou en plein délire ? Etc. Sidonie Bonnec a également eu la bonne idée de brouiller les époques et les temporalités. Elle nous plonge dans un Moyen Âge exhumé par Candice qui gratte, creuse au fil de ses recherches, tout en nous propulsant dans un futur indéfini, aux pluies incessantes, sur Paris, capitale à l’atmosphère poisseuse, étouffante et glissante. L’absence de clarté rend les heures indistinctes, tout est vaporeux, comme les traits de pluie sur une photo rendent le sujet flou. L’ensemble oscille entre roman pointu, tant il est richement documenté, et roman populaire, tant il reprend les archétypes du genre. L’ensemble accouche d’un roman post meetoo ayant l'immense mérite de dénoncer encore et toujours les diverses formes de violences faites aux femmes de tout temps et de tous les milieux. La Femme effacée porte décidément bien son titre.