Chronique La Chambre des merveilles de Julien Sandrel

Kevane Bouchart La Librerit (Carouge)

La Chambre des merveilles de Julien Sandrel est de ces romans qui vous percutent de plein fouet et vous mènent habilement sur le sentier de l’introspection. Partir à la rencontre de Thelma, Louis et tous les autres, c’est aussi la promesse de découvrir un récit bouleversant et lumineux.

Thelma est une femme aux journées bien remplies. Entre son travail de directrice du marketing au sein d’une grande entreprise de cosmétiques et sa vie de mère célibataire avec Louis, son fils de 12 ans, elle n’arrête pas. Un jour, alors qu’elle rejoint sa propre mère pour le brunch familial mensuel, Louis tente d’attirer son attention. Ça semble important mais ce coup de fil du boulot ne peut pas attendre. Louis part à toute bringue avec son skateboard, vexé et en colère contre Thelma. À 10h32, tout bascule : le jeune garçon s’est fait renverser par un camion et finit dans le coma.Thelma est un personnage profondément humain qui a suivi ce que la société attendait d’elle : être une femme d’affaires accomplie, s’écraser face aux blagues douteuses de son boss, ne pas faire de vagues et surtout, ne pas trop parler de son enfant. À l’accident de Louis, c’est le tsunami. Elle doute de ses choix, a peur d’avoir tout raté. Aura-t-elle encore la possibilité de rattraper les choses avec son fils ? Les quelques chapitres du point de vue de Louis nous montrent pourtant tout l’amour qu’il porte à sa mère, le lien fort et unique qui les unit. Ado au langage soutenu, le garçon est terriblement attachant, drôle et plein d’une vie qui ne tient plus qu’à un fil. Et puis, il y a cette grand-mère pétillante qui tente de prouver son amour à sa fille Thelma, tout aussi touchante, tout aussi inoubliable. Sans oublier l’infirmière aux faux airs de Sophie Davant et tant d’autres encore qu’il faut découvrir en tournant les pages de ce roman. On s’attache irrémédiablement à tous ces personnages qui gravitent autour de Thelma et Louis. Ils sont puissants de réalisme et sont de ceux qu’on a tous côtoyés au moins une fois dans une vie ou dont on espère croiser le chemin un jour. Maelstrom d’émotions qui renverse tout sur son passage, ce récit nous mène finalement dans le quotidien d’une femme taraudée par la peur de perdre son fils, les notes d’espoir et ce besoin de se raccrocher à ce qu’elle peut. Et puis il y a ce carnet que Thelma découvre sous le lit de Louis : le carnet des merveilles. Pour lui montrer que la vie vaut la peine de se battre, elle décide de réaliser les rêves les plus fous de son fils et de les lui filmer pour les repasser à son chevet. Dès lors se déroulent des instants touchants de beauté, des moments qui font sourire et bien d’autres choses encore. Julien Sandrel aborde dans ce premier roman la relation parent/enfant à travers plusieurs duos et déploie avec un certain brio une histoire aussi fraîche que renversante. Il dévoile aussi la difficile place d’une femme dans une société moderne qui en demande toujours plus. Avec une plume qui mélange savamment une rythmique presque poétique et un langage moderne, l’auteur nous rappelle également cette période adolescente où l’on ne songe pas au lendemain et durant laquelle la vie peut être magnifique. Et on se souvient que l’existence est fugace et qu’il faut la saisir, la vivre pleinement et ne jamais rien regretter.

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