Chronique Max Winson de Jérémie Moreau

François Groff Librairie le Livre et la Tortue (Issy-les-Moulineaux)

Qu’on se le dise, Jérémie Moreau a autant de talent comme scénariste que comme dessinateur. Après le sublime Le Singe de Hartlepool (Delcourt, primé à Angoulême en 2013) et le plus récent Tempête au haras (Rue de Sèvres), Delcourt publie à l’occasion des fêtes l’intégrale Max Winson.

Il y a un peu de Forrest Gump dans le personnage de Max Winson, quelque chose de touchant, de naïf. Mais qui est donc Max Winson ? Max, c’est un dieu vivant, une idole incontestée, une machine à gagner, numéro un mondial depuis l’âge de 7 ans, un mastodonte du tennis. Oui, c’est bien de tennis qu’il s’agit, et autant vous dire que Rafael Nadal, à côté, il peut aller jouer dans le bac à sable. Mais avant de tourner la page, car vous n’êtes pas forcement fan de ce sport, sachez qu’il s’agit bien plus que de tennis dans cette bande dessinée. Max est LE génie du tennis… malgré lui. Enfant conditionné dès sa naissance pour exceller dans ce sport, son père ne manque pas d’imagination pour trouver de nouvelles idées de torture destinées à façonner le destin de la « machine Max ». À l’image de cette folie : sa chambre, composée d’un terrain de tennis et d’une étrange coque métallique sortie du futur renfermant son lit, qui le bombarde de centaines de milliers de balles. Mais le père de Max se fait vieux et de plus en plus malade. On lui trouve un nouvel entraîneur. Andy Madison aura carte blanche et des moyens illimités pour former Max à sa vision du jeu : les impondérables, les ennemis de la victoire, maîtriser l’imprévisible, les maladies, la météo, la perte d’un bras, de la vue… Rien ne doit être laissé au hasard pour la confrontation qui approche, un match contre Victor Conciliandos, champion d’un lointain pays totalitaire. Et si tout ne se passait pas comme prévu ? Alors que l’éloignement de son père et de son emprise lui laisse le champ libre, Max fait la rencontre d’une journaliste qui va bousculer sa routine, la première à jamais avoir osé remettre en question sa nature profondément humble et modeste. Max doit-il se sentir coupable d’écraser tout le monde, d’écraser son futur adversaire dont le sort, sans aucun doute, sera scellé dès le début du match ? Et s’il fallait finalement autant de courage pour perdre que pour gagner ? La petite graine qu’a semée la jeune journaliste va totalement bouleverser ses convictions. Tiraillé entre le sort promis à son adversaire et l’obligation de vaincre, le destin de Max en sera à jamais changé, quel que soit le résultat final. Comme à son habitude, Jérémie Moreau nous bouleverse à travers des destins touchants et un dessin fin, sans fioritures et terriblement expressif. Vibrez pour Max et cette partie de tennis. Vous tomberez sous son charme, non parce que c’est le meilleur, mais tout simplement parce qu’il est un personnage sublime.

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