Sciences humaines
Pierre Bayard
Le Mystère Vertigo
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Pierre Bayard
Le Mystère Vertigo
Minuit
01/10/2026
192 pages, 18 €
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Chronique de
Raphaël Donnay
Librairie De l'encre à l'écran (Le Guilvinec) -
❤ Lu et conseillé par
5 libraire(s)
- Jean-Marie David-Lebret de Lo Païs (Draguignan)
- Camille Bellemain de Charlemagne Toulon (Toulon)
- Lyonel Sasso de Le Grand Bain (Carantec)
- Charles-Henri Bradier de L'Écritoire (Semur-en-Auxois)
- Charline Caron de De l'encre à l'écran (Le Guilvinec)
✒ Raphaël Donnay
(Librairie De l'encre à l'écran, Le Guilvinec)
Professeur de littérature, psychanalyste, essayiste, Pierre Bayard nous offre une nouvelle « critique policière ». Après avoir épluché Rear Window d'Alfred Hitchcock, il récidive avec Vertigo.
Ce cycle d'enquêtes, parues aux éditions de Minuit, remet en question des mythes, romans policiers, classiques du cinéma, etc. L'auteur se base sur des failles, des invraisemblances, des illogismes qu'il décèle dans les récits, situations, protagonistes... ne cadrant pas avec les solutions proposées dans l’œuvre analysée. Il n'en tient pas pour autant rigueur à l'artiste qui la signe, ayant depuis longtemps établi une théorie tenant compte de l'autonomie, de la vie propre, que mènent les personnages de fiction, et à laquelle l'écrivain, ou le scénariste, parvient par bribes à avoir accès. Vertigo ajoute une nuance considérable par son approche onirique, ésotérique, puisqu'il est question, dans sa première partie, de la possession de l'héroïne par son arrière-grand- mère, selon l'un des points de vue évoqué dans cet opus. Rappelons que ce thriller est unanimement adulé et que les interprétations, aussi délirantes soient-elles, abondent et doivent être considérées. Aussi, Pierre Bayard applique-t-il presque à la lettre le précepte énoncé par Sherlock Holmes : « Lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité. » Ayant retourné comme un gant les phases de l’intrigue, le résultat de son raisonnement est imparable. La solution apparaît éblouissante, limpide, tant par sa simplicité que par sa justesse psychologique, aucun aspect, aussi ténu soit-il, n’ayant été négligé. Aussi remarquable que soit la démonstration, il est bon de mettre en garde le lecteur qui se double ici d'un cinéphile. Suite à sa lecture, il ne pourra plus jamais revoir le film tel qu'il a été conçu de bonne foi par le cinéaste, même s'il rejette cette vision originale. Il demeurera parasité rendant cette expérience d’autant plus jubilatoire.