Littérature française
Pauline Peyrade
Les Habitantes
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Pauline Peyrade
Les Habitantes
Minuit
02/01/2026
180 pages, 18 €
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Chronique de
Chloé Dolain
Librairie Coiffard (Nantes) -
❤ Lu et conseillé par
9 libraire(s)
- Stéphanie Hanet de Coiffard (Nantes)
- Hélène Menand de du Parchamp (Boulogne-Billancourt)
- Charlotte Philippon de La Nouvelle Page (Paris)
- Margot Bonvallet de Passages (Lyon)
- Charline Caron de De l'encre à l'écran (Le Guilvinec)
- Mélanie Dallara de Goulard (Aix-en-Provence)
- Marion Lesage de Agora (La Roche-sur-Yon)
- Lucas Alligier de Goulard (Aix-en-Provence)
- Albain Millot de Pâtisserie Autonome (Forbach)
✒ Chloé Dolain
(Librairie Coiffard, Nantes)
Ce deuxième roman de Pauline Peyrade est une ode à la campagne, à la nature et à ces maisons de famille qui deviennent des refuges que l’on ne peut se résoudre à quitter.
Emily vit seule dans la maison de sa grand-mère, avec pour seule compagnie sa chienne Loyse. Au décès de sa grand-mère, elle est restée dans cette maison trop grande pour elle, une maison chargée de souvenirs. Mais pour Emily, habiter ailleurs n’est absolument pas envisageable. Elle s’y sent bien avec sa fidèle compagne qui la suit partout. Et personne aux alentours, si ce n’est son amie Aude qu’elle vient parfois aider dans son travail à la ferme. Entre balades en forêt et baignades à l’étang, Emily vit posément dans cette pleine nature qui fait presque office de personnage principal. Un jour pourtant, elle reçoit des lettres d’un notaire et du reste de sa famille avec qui les liens sont rompus. Ces lettres parfois polies, parfois beaucoup moins, lui somment de quitter la maison car elle va être vendue. Tout s’écroule dans son esprit. Mais préférant l’ignorance à l’affrontement, Emily va tenter de rester coûte que coûte dans cet endroit si cher à son cœur ou tout du moins d’en profiter jusqu’au bout. Après L’Âge de détruire, pour lequel elle avait reçu le Prix Goncourt du premier roman, Pauline Peyrade nous embarque avec elle dans cette demeure familiale qui est en réalité bien plus qu’une simple maison : elle nous montre le lien particulièrement fort qui unit son personnage à son habitation, son véritable refuge. Pour Emily, cette maison est comme une seconde peau. Son écriture est précise, contemplative et pour autant incisive : on est embarqué avec ces habitantes, leur rage est la nôtre. Pourquoi quitter son véritable environnement, son ancrage ? Comment vivre ailleurs ? Ces jeunes femmes nous posent la question, nous touchent et l’on espère les voir rester encore longtemps dans leur havre de paix, loin de la violence extérieure.