Littérature étrangère
Sarah Schulman
Girls, Visions and Everything
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Sarah Schulman
Girls, Visions and Everything
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Vanina Géré
Éditions Héloïse d’Ormesson
04/06/2026
269 pages, 21 €
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Chronique de
Alice Karle
Librairie Pantagruel (Marseille) -
❤ Lu et conseillé par
4 libraire(s)
- Aurélie Janssens de Page et Plume (Limoges)
- Audrey Andriot de Jonas (Paris)
- Pierre-Alexis Nail de Petites Histoires entre amis (Chennevières-sur-Marne)
- Alice Karle de Pantagruel (Marseille)
✒ Alice Karle
(Librairie Pantagruel, Marseille)
On a chaud à New York pendant l’été 1984 en suivant Lila et ses proches. Sarah Schulman a écrit son roman cette même année et la collection « Queer ardent.e » nous en offre une formidable traduction.
Lila Futuransky est jeune, lesbienne et souvent fauchée. C’est le cas de la plupart de ses amies, impliquées dans des projets théâtraux, festifs et militants en plus de leurs boulots alimentaires. En suivant leurs déambulations dans les rues surchauffées de la ville, on assiste au mouvement permanent d’un quartier à la gentrification galopante. À coups de phrases laser pleines d’autodérision, Sarah Schulman brosse l’histoire du Lower East Side à un moment charnière de son ébullition culturelle et communautaire. Lila est en quête d’amour mais n’a pas l’intention de renoncer à sa liberté. Le roman vit au rythme de ses rencontres plus ou moins fortunées avec des amies devenues amantes et vice versa. Jusqu’à son histoire avec Emily qui démarre cahin-caha mais qui chamboule ses attentes, loin des clichés et des relations convenues. Pour Emily, Lila est prête à envoyer valser pas mal de ses habitudes. Mais pas toutes ! Jamais elle ne lâchera ses amies pour l’organisation du trépidant Festival de la Pire Performance. Et les longues heures d’écriture sur sa machine en relisant Kerouac continuent d’occuper ses nuits. L’inspiration de la Beat generation est omniprésente et Lila dialogue de temps à autre avec les personnages de Sur la route. Le titre du roman est d’ailleurs tiré d’une citation du livre de Kerouac : « Somewhere along the line I knew there'd be girls, visions, everything ». Aussi universelles et cabossées que celles de Sal Paradise et Dean Moriarty, les expériences de Lila semblent encore plus réelles, puisqu’elle reste à New York au lieu de prendre la route. La traduction de Vanina Géré fait honneur au style libre et chaotique de l’autrice et le roman est complété par un glossaire des références culturelles et politiques qui rend la lecture encore plus savoureuse.