Littérature étrangère
Lauren Groff
La Bagarre
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Lauren Groff
La Bagarre
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Carine Chichereau
L'Olivier
07/05/2026
254 pages, 22 €
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Chronique de
Laurie Andrès Sverkidis
Librairie Amory (Reims) -
❤ Lu et conseillé par
8 libraire(s)
- Laurence Behocaray de I.U.T. Carrières sociales, Université (Tours)
- Gaëlle Maindron de Livres in room (Saint-Pol-de-Léon)
- Gwendoline Delaporte-Danel de Le Méandre (Meudon)
- Sophie Lainé de CCGPF - Service du livre et des bibliothèques - service BCPC (Paris)
- Sylvain Charpentier de L'Indépendante (Saint-Gaudens)
- Caroline Gelly de Le Chat borgne (Belfort)
- Justine Carlot de La Librairie des thés (Surgères)
- Laurie Andrès Sverkidis de Amory (Reims)
✒ Laurie Andrès Sverkidis
(Librairie Amory, Reims)
Lauren Groff publie son troisième recueil de nouvelles, La Bagarre. Un genre qui lui colle à la peau et qui prouve encore une fois la maîtrise de l’autrice américaine pour faire, de petites histoires, de très grands récits.
On connaît le talent de Lauren Groff. En 2015, c’est même l’ex-président des États-Unis, Barack Obama, qui en fait sa « préf » lorsqu’il désigne son roman Les Furies comme le meilleur roman de l’année. Depuis, l’autrice américaine a publié quatre autres romans et trois recueils de nouvelles ‒ un exercice de style périlleux, souvent écarté par les lecteurs, qui lui préfèrent souvent les romans à histoire unique. Pourtant, c’est oublier le don de l’autrice new-yorkaise à nous ensorceler. Avec La Bagarre, Lauren Groff nous entraîne dans les méandres de la pensée de ses personnages, dans ce qu’ils ont de bon ou de mauvais. Cette dichotomie laisse la place à neuf « short stories » dans lesquelles notre cœur joue aux montagnes russes. Dans « Birdie », quatre amies d’adolescence se réunissent à l’hôpital, adultes, au chevet de l’une d’elles, atteinte d’une maladie incurable ; dans « Sunland », une jeune femme dépose son frère mentalement déficient dans une institution, juste avant de retrouver les bancs de l’université. Toutes ces petites histoires « de la vie » pourraient ne pas nous atteindre tant elles paraissent banales mais c’est là où Lauren Groff excelle, dans le non-dit, dans l’exécution quotidienne. Dans une nouvelle hallucinante de beauté de soixante-dix pages, « Un, deux, trois soleil », on suit Chip, fils maudit d’une famille de banquiers sur une trentaine d’années : un savant mélange d’amour destructeur et de tristesse. Avec La Bagarre, ce qui frappe, ce sont les failles visibles des protagonistes. Leurs solitudes, leurs doutes, leurs peurs… qui sont sûrement aussi les nôtres.