Littérature française
Catherine Leroux
Peuple de verre
-
Catherine Leroux
Peuple de verre
L'Olivier
02/01/2026
256 pages, 21,50 €
-
Chronique de
Laurie Andrès Sverkidis
Librairie Amory (Reims) -
❤ Lu et conseillé par
7 libraire(s)
- Laurence Behocaray de I.U.T. Carrières sociales, Université (Tours)
- Marie Michaud de Gibert Joseph (Poitiers)
- Michel Edo de Lucioles (Vienne)
- Guillaume Chevalier de Mot à mot (Fontenay-sous-Bois)
- Valérie Briland de Hirigoyen (Bayonne)
- Annie-Rose Pichonnier de Ville de Caen (CAEN CEDEX 9)
- Audrey Andriot de Jonas (Paris)
✒ Laurie Andrès Sverkidis
(Librairie Amory, Reims)
Dans Peuple de verre, l’autrice montréalaise imagine un futur où les sans-abris seraient enfermés dans des centres concentrationnaires. Dans les pas de Margaret Atwood, Catherine Leroux signe une dystopie politique qui répond aux interrogations sociétales actuelles.
« J’ai pensé à un peuple de verre, à une ville de coton. Mille vertèbres écrasées par le poids de l’hiver, mille vies étranglées. » Dans un futur proche, la crise du logement est à son paroxysme depuis que le gouvernement a décidé d’enfermer les sans-abris (appelés les « inlogés ») dans des centres de réinsertion qui ont tout de la prison. Sidonie, journaliste militante connue pour ses enquêtes sur l’explosion des sans-abris au Québec, va elle aussi connaître l’enfermement. Grâce à son carnet et quelques séances de psy, Sidonie décrit son quotidien absurde dénué de libertés fondamentales. Elle fera aussi la connaissance d’autres femmes qui militent pour leur émancipation. À mi-chemin entre le roman et l’enquête, Catherine Leroux s’attaque aux valeurs démocratiques qui fondent le socle d’une société saine et « heureuse ». Elle met le doigt sur des politiques étatiques bancales réprimant les sans domicile fixe et la liberté d’expression. Sans discours moralisateurs, Peuple de verre dresse un portrait aux accents kafkaïens d’une invisibilisation des classes sociales opprimées mais aussi de celles qui ont le droit et le devoir de nous en informer. « Il n’y a pas grand-chose à quoi s’accrocher. À peine un point au loin, tremblant dans l’air glacial. » À l’heure de la droitisation des débats, des discours extrêmes et des fake news, ce livre est un plaidoyer pour la dignité, contre l’ostracisation systématique et plus encore pour le mieux vivre ensemble. Entre 1984 d’Orwell et La Servante écarlate de Margaret Atwood, Catherine Leroux signe un roman social et politique aux frontières du réel, de l’intime et de la réflexion collective. Un roman d’utilité publique, à la recherche d’un monde plus juste. « Connaître la vérité, c’est fondamental, même si elle n’existe que dans notre tête. »