Chronique Eroica de Pierre Ducrozet

Olivier Badoy Librairie des Cordeliers (Romans-sur-Isère)

Avec Eroica, Pierre Ducrozet signe de bien belle manière son troisième roman chez Grasset. Il inaugure en même temps la nouvelle collection de l’éditeur intitulée « Le courage ».

Dès les premiers mots, le lecteur est plongé dans l’univers électrique de Jay, alias Jean-Michel Basquiat, rock-star de la peinture et reflet unique d’une époque. Certain de son talent et de sa nature héroïque, il mène sa vie à la vitesse de la lumière et ignore tout de l’art du compromis. Il faut faire vite, il y a urgence… car Jay se doit d’être un mythe. Alors l’école et les conventions, un père violent et une mère bancale le décideront à élire domicile sur un banc de sa ville, New York, avec laquelle, depuis toujours, il ne fait qu’un et dont il tatoue les murs de phrases énigmatiques signées SAMO. En quelques semaines, le voilà qui dort dans un loft, courtisé par la critique, les collectionneurs et les mondains new-yorkais. Mais lui peint encore devant la télé en écoutant du jazz et en sirotant du rhum, dans un nuage de cocaïne. Il offre au monde qui l’entoure ce qu’il attend de lui, « du nègre en cage », de « l’artiste maudit », « la combustion interne d’un feu follet ». Car cela fait monter les enchères. Personne ne semble vraiment comprendre, sauf peut-être Sarah. Keith, aussi. Mais si les blessures de l’enfance inspirent quand on sait s’en servir, elles peuvent aussi tuer.

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