Jeunesse

Nathalie Biston

Beauté de la mer

Entretien par Léonie Desbois

(Librairie Le Bel Aujourd'hui, Tréguier)

Pendant les vacances, Min-Jee vit avec sa grand-mère et son grand-père. Elle accompagne ce dernier dans son métier de pêcheur. Lors d'une plongée en apnée, elle admire un étrange œuf. Il grossit et se développe jusqu'au jour où l'océan et ses mystères nous plongent à la rencontre d’une créature étrange et fascinante.

Comment vous est venue l'idée de cette histoire ?

Nathalie Biston Au départ, j'avais envie de raconter une histoire avec une jeune fille, de travailler sur un binôme. Pendant plusieurs années, j'ai fait de la plongée sous-marine et j'aimais cette sensation d'être sous l'eau. J'avais donc envie de raconter une histoire qui se passait sous l'eau avec une créature. Mais construire ce récit m’a pris du temps. Ce sont les personnages qui sont venus d'abord, je n'avais pas de trame. J’ai laissé ces graines germer un bon moment. Les choses se sont mises en place le jour où j'ai vu un documentaire sur les haenyo, ces plongeuses coréennes qui m'ont fascinée. J'ai trouvé ces femmes tellement exceptionnelles que je me suis dit, je veux que mon héroïne soit à leur image !

 

Était-ce une évidence pour vous d’écrire pour des enfants ?

N. B. Ah, oui ! Je ne me voyais pas du tout écrire une histoire pour des adultes. À la base, je travaille dans le dessin animé. J'ai donc toujours travaillé pour les enfants. Pour moi, ce ne peut être autrement ! Ensuite, je n'ai pas cherché à viser un lectorat particulier. Je l'ai fait tel que je le ressentais. Au final, l’ouvrage s’adresse aux petits. Pas si petits quand même !

 

Le titre du roman, Haemi, a-t-il une signification ?

N. B. Oui, c'est le prénom de cette créature que découvre cette jeune fille de 11 ans. Ma petite Min-Jee est fascinée par cette créature, la trouve extraordinaire et tellement belle que j’ai décidé de l'appeler Haemi. En coréen, Haemi veut dire beauté de la mer. Pour moi, ce terme, dans sa prononciation, est proche d’aimer. Ce fut un heureux hasard !

 

Il y a plusieurs thématiques dans le roman, notamment l'idée de la transmission entre Min-Jee et ses grands-parents. Pourquoi était-ce important ?

N. B. Pour moi, c'était une évidence qu'elle devait évoluer avec ses grands-parents parce que je trouve que les grands-parents ne sont pas là pour éduquer un enfant mais pour transmettre, être dans le partage d'expériences, de découvertes. Beaucoup de choses que les parents n'ont pas le temps de faire. Et puis peut-être parce que j'ai eu la chance d'avoir des grands-parents qui m'ont montré beaucoup de choses. Je suis très sensible à cet amour unique que les grands-parents portent à leurs petits-enfants. Je n'avais pas envie de parler de parents, de contingences ou de l’école. Je voulais me concentrer sur les découvertes de Min-Jee, sur son apprentissage de la vie, ses goûts, ses joies quotidiennes qu’elle peut partager même si elle est très secrète. Son grand-père qui l'emmène pêcher est lui-même un grand silencieux, perdu dans ses pensées, au point de laisser filer sa petite fille, sans se rendre toujours compte des bêtises qu'elle peut faire ! La grand-mère est quant à elle une ancienne plongeuse qui a eu un accident et ne peut plus plonger. Elle est plus démonstrative, beaucoup plus dans l’observation de sa petite-fille. Mais elle a un secret. Il va falloir lire le livre pour le découvrir !

 

Je trouve que les illustrations et le texte sont en symbiose. Quelles consignes avez-vous donné pour l’illustration ?

N. B. C'est la maison d'édition qui s’en est occupé. On est sur quelque chose de sensible. J'avais préparé un dossier pour Joséphine Forme avec les images qui m'avaient aidé à écrire, parce que j'avais fait beaucoup de recherches et je voulais qu'elle voie un petit peu ce qui m'avait inspirée. À partit de là, elle a fait sa sauce et je la trouve pas mal du tout !

 

Que peut-on vous souhaiter pour ce roman ?

N. B. Qu'il trouve un public. J'ai tellement envie qu'on aime mes personnages ! C’est ce qui me rendrait heureuse. Je vous conseille de lire le texte à voix haute. On peut même le déclamer. Je pense à ce titre qu'il a vraiment plusieurs publics potentiels.

 

 

Haemi, c'est l'histoire de Min-Jee, 11 ans. Sa grand-mère lui a appris l'apnée, elle était plongeuse, elle pêchait les ormeaux, les poulpes, les oursins. Mais aujourd'hui, elle ne peut plus plonger. Elle est presque devenue sourde. Min-Jee profite de son temps libre pour accompagner son grand-père à la pêche. Elle plonge à son tour. Un jour, elle découvre un œuf, énorme, étrange et translucide dans le fond de la mer et pour lequel elle éprouve une véritable fascination. Tous les jours, elle lui rend visite jusqu'à son éclosion. Entre histoires de transmission et de transgression, Haemi nous fait rêver, nous envoûte par la poésie du texte, qui a tout du conte moderne, et par la douceur de ses illustrations qui épousent parfaitement le récit.

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