Entretien Entretien avec Aurore Gomez

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Par Noëmie Kormann, Librairie Le Failler (Rennes)

Son premier roman, L’Espoir sous nos semelles, publié en 2018 chez Magnard Jeunesse, nous avait embarqués dans un univers d’aventure où la nature sauvage, les rapports humains et le dépassement de soi s’entremêlaient avec brio. Aurore Gomez revient avec un texte tout aussi percutant qui nous emmène sur la piste des loups.

Dans votre premier roman, la montagne est plus qu’un décor, elle est magnifique, sauvage mais aussi cruelle. C’est aussi le cas dans Où le loup demeure. Joue-t-elle aussi un rôle dans votre vie personnelle ?

A.G. - Je ne vis pas en montagne mais j'y vais souvent. La montagne nourrit mon imaginaire parce qu'elle ne se laisse pas facilement conquérir et qu'elle en met plein les yeux ! Dans Où le loup demeure, le village de Fonfroide est fictif, bien entendu, mais pour sa topographie, il m'est en grande partie inspiré d'un village corse où je vais régulièrement en vacances : Olmi Capella, dans la vallée du Giussani. C'est un endroit vraiment magnifique.

 

Il y a d’ailleurs une unité géographique entre ces deux romans. On retrouve des noms de lieux : le Pownal, Altaïne. Cette île fictive s’inspire-t-elle d’un lieu réel ? Comment l’avez-vous cartographiée ?

A.G. - Pour L'Espoir sous nos semelles, j'avais besoin d'une île et d'une chaîne de montagnes pour créer le trek du Pownal. J'ai tout de suite pensé à la Nouvelle-Zélande. J'en ai redessiné les contours pour créer la carte qui se trouve au début du roman. Par contre, les paysages que je décris sont une sorte de patchwork des montagnes que je connais... ou pas (j'ai regardé pas mal de documentaires !). Quand j'ai commencé à réfléchir à l'histoire d'Où le loup demeure, qui parle de la présence et de la migration du loup, le village de montagne s'est vite imposé. L'île que j'avais créée était toute prête puisqu'elle contenait une population de loups. Restait à imaginer le village. Celui de Corse était parfait !

 

Dans ce nouveau roman, vous flirtez avec le fantastique. Aviez-vous envie de jouer avec ces codes ? De déstabiliser les lecteurs et les lectrices en les emmenant sur de nouveaux chemins ?

A.G. - Effectivement, dans ce récit, j'ai voulu mettre en scène un fantastique étroitement lié à la réalité, comme on le trouve dans les animes japonais. Les Enfants loups, Ame et Yuki de Mamoru Hosoda (Studio Chizu) est en ce sens très inspirant. Ensuite, comme vous le dites, jouer avec les codes du fantastique et déstabiliser les lecteurs est effectivement un des enjeux du récit. Et j'espère avoir réussi !

 

La question de la réintroduction des loups, présente dans vos livres, est aussi un sujet qui a fait l’actualité dans certaines régions européennes. Est-ce un sujet qui vous tient à cœur ?

A.G. - Le sujet de la présence du loup m'intéresse, mais plus que ça, c'est la place de l'homme dans le monde, son lien avec la nature et son manque d'humilité qui me questionne. J'ai parfois l'impression que certains aimeraient un monde artificiel avec l'homme d'un côté et la nature de l'autre. Dans Où le loup demeure, ce sujet oppose les habitants de Fonfroide. Certains voient les loups comme un gage de bonne santé de la nature, d'autres comme un nuisible à éradiquer. Ce qui me semble fou, aujourd'hui, c'est qu'on cherche encore à se battre avec la nature, qu'on veuille coûte que coûte s'en rendre maître, alors qu'on parle tellement d'écologie, du besoin de préserver la nature de l’impact de l'homme, d'espèces menacées, d'extinction à grande échelle ! L'homme ne pourrait-il pas tout simplement apprendre à cohabiter avec le monde sauvage ?

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