Sciences humaines
La culture, l’Histoire et l’imaginaire face au fascisme
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Olivier Mannoni
La Pensée piétinée
Éditions Héloïse d’Ormesson
08/10/2026
256 pages, 16 €
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Dossier de
Pierre-Alexis Nail
Librairie Petites Histoires entre amis (Chennevières-sur-Marne) -
❤ Lu et conseillé par
7 libraire(s)
- Christelle Chandanson de Elkar (Bayonne)
- Charles-Henri Bradier de L'Écritoire (Semur-en-Auxois)
- Coralie Brunel de Forum (Saint-Étienne)
- Sylvain Fortier de Les Chemins du livre (Maisons-Laffitte)
- Emmanuelle Cassagnes de Liber & Vous (Bourgueil)
- Maxime Caillard de Au brouillon de culture (Caen)
- Lucie Zuppinger de Les affamé·es (Annemasse)
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Rodney Saint-Eloi , Yara El-Ghadban
Les fascistes n’ont jamais compté les étoiles
Mémoire d'encrier
21/08/2026
304 pages, 21 €
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Dossier de
Pierre-Alexis Nail
Librairie Petites Histoires entre amis (Chennevières-sur-Marne) -
❤ Lu et conseillé par
7 libraire(s)
- Dolly Choueiri de Des gens qui lisent (Sartrouville)
- Julie Tetue de La Méridienne (Fleurance)
- Coralie Brunel de Forum (Saint-Étienne)
- Margot Devigne de Association internationale des libraires francophones (Paris)
- Céline Dereims de Les yeux qui pétillent (Valenciennes)
- Emmanuelle Cassagnes de Liber & Vous (Bourgueil)
- Audrey Pineau de Divergences (Quimperlé)
✒ Pierre-Alexis Nail
(Librairie Petites Histoires entre amis Chennevières-sur-Marne)
Que devient une société lorsque le fascisme ne cherche plus seulement à conquérir le pouvoir mais à façonner la culture, les récits et les imaginaires ? C’est la question qui rapproche deux livres : La Pensée piétinée, Pourquoi le fascisme écrase la culture d’Olivier Mannoni et Les fascistes n’ont jamais compté les étoiles de Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Éloi.
Dans La Pensée piétinée, Olivier Mannoni montre combien la culture est un enjeu politique majeur. Elle permet de regarder le monde autrement, de faire entendre des voix différentes et de déplacer les certitudes : elle devient nécessairement un espace de confrontation. Le fascisme ne cherche donc pas uniquement à contrôler les institutions : il s’intéresse aussi aux œuvres, aux artistes, aux livres, aux médias, au cinéma, à l’éducation, à tout ce qui contribue à former notre représentation du monde. Ce qui est en jeu, rappelle Mannoni, c’est la possibilité même d’une culture libre. Dès lors qu’une idéologie prétend imposer une vision unique de la société, la création artistique devient suspecte. Elle doit être surveillée, orientée, parfois réduite au silence. La culture cesse alors d’être un lieu où une société se questionne pour devenir un instrument au service d’une représentation officielle du monde.
Cette réflexion trouve un écho singulier dans Les fascistes n’ont jamais compté les étoiles. Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Éloi partent de leur histoire et de leur territoire, la Palestine et Haïti, pour interroger les violences qui traversent les sociétés contemporaines. Leur dialogue fait circuler les souvenirs, la littérature, la musique, les mythes, les films et les récits transmis de génération en génération. Comment continuer à raconter lorsque l’Histoire a été confisquée, déformée ou réduite au silence ? Pour les deux écrivains, la réponse passe par la transmission. Raconter, se souvenir, créer, faire entendre une voix longtemps marginalisée : autant de manières de refuser l’effacement. Les deux ouvrages se répondent ainsi autour d’une même conviction : la culture est un lieu de liberté et donc un lieu de résistance. Elle ne protège pas miraculeusement les sociétés contre la violence politique mais elle empêche qu’un seul récit puisse prétendre tout englober. Elle conserve les traces, accueille les différences, transmet les expériences et ouvre des mondes possibles. Face au fascisme, résister ne consiste donc pas seulement à défendre des institutions démocratiques. Il s’agit aussi de défendre le monde de la culture. Avant de vouloir transformer la société, toute idéologie autoritaire cherche à transformer la manière dont celle-ci se raconte à elle-même. C’est peut-être là que les deux livres se rejoignent le plus fortement. Il s’agit de comprendre comment la culture peut être étouffée et de voir comment elle continue malgré tout à faire vivre des voix et des mémoires.