Chronique L'Été de la sorcière de Kaho Nashiki

Laetitia Roulier Librairie Gutenberg (Issy-les-Moulineaux)

L’Été de la sorcière est un roman japonais de Nashiki Kaho paru aux éditions Picquier début mars. Magnifiquement sublimé par une couverture fleurie et promesse d’une lecture enivrante, ce premier roman primé trois fois nous redonne confiance aux forces de la vie.

Mai est une jeune fille angoissée par la vie, sujette à des crises d’angoisse. Elle vit dans la peur de décevoir ses parents et le collège est devenu pour elle un véritable lieu de souffrances. Redoutant que les crises de sa fille ne s’accentuent, sa mère décide de l’envoyer à la campagne chez sa grand-mère maternelle, une femme vivant simplement dans la campagne japonaise, en harmonie avec la nature et les éléments qui l’entourent. Cette femme, d’origine anglaise, nimbée de mystères au point de se faire appeler par sa fille et sa petite-fille « la Sorcière de l’Ouest », est venue vivre au Japon alors qu’elle n’avait pas 20 ans. Loin des angoisses de l’école, c’est là que Mai va faire l’apprentissage du bonheur, des plaisirs simples de la vie et se consacrer « au b.a.-ba de la sorcière ». Évoluant au rythme de la nature et en harmonie avec les animaux qui l’entourent, Mai va réapprendre à vivre et devenir « une sorcière moderne » : utiliser les plantes pour soigner, se créer des habitudes pour gérer ses émotions, s’ancrer dans l’instant présent et les petites choses du quotidien. Petit à petit, le récit prend une nouvelle forme, celle du roman d’apprentissage. Le lecteur va suivre l’évolution de Mai et plonger dans l’esprit de la jeune fille. Ce que la vieille femme appelle avec malice « l’entraînement de sorcière » est une façon astucieuse, pour la grand-mère, d’apporter un peu de féerie dans le quotidien de sa petite-fille, afin de lui redonner le sourire et le goût de l’existence. En lui apprenant à devenir magicienne, la grand-mère lui montre en réalité comment s’épanouir dans son parcours de jeune femme. Les émotions montent crescendo tout au long du roman et l’idée que vivre en harmonie avec la nature est un travail constant alimente le texte sans sermonner. Un magnifique roman sur la transmission mère-fille. Un bonbon délicat qui peut se lire comme un carnet intime. Une lecture refuge. Les personnages sont très attachants et la fin très émouvante. C’est une très belle découverte, à mettre entre toutes les mains.

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