Chronique Le Nouvel Âge de la solidarité de Nicolas Duvoux

  • Nicolas Duvoux
  • Coll. «Coll. « La République des idées »»
  • Seuil
  • 23/02/2012
  • 112 p., 11.50 €

Par Cédric Rio

Les aides sociales destinées aux plus démunis créent un ressentiment envers les bénéficiaires et les stigmatisent. Privilégier des systèmes sociaux universalistes permettrait de renouer avec une certaine idée de la solidarité.

De plus en plus d’aides sociales sont destinées spécifiquement aux plus pauvres en France. Cette tendance fait écho au démantèlement progressif de systèmes de protection sociale universalistes, c’est-à-dire octroyés sans conditions de ressources (comme la Sécurité sociale) : les nouvelles dépenses engagées par les usagers pour compenser la réduction des protections sociales ont nécessité un accroissement de l’assistance publique à destination des plus démunis. Soutenu par un discours politique aux accents populistes, un ressentiment a peu à peu émergé à l’encontre des « bénéficiaires » de minima sociaux, tels que le Revenu minimum d’insertion (RMI) puis le Revenu de solidarité active (RSA), notamment de la part des non-bénéficiaires en situation précaire. En parallèle, une grande majorité des titulaires de minima sociaux se sentent de plus en plus stigmatisés et exclus d’un monde du travail qui protège celles et ceux qui y évoluent. Au moins à l’échelle du territoire français, notre regard sur les plus démunis s’est profondément transformé. La promulgation de droits sociaux, notamment au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, illustrait la reconnaissance par la société d’une dette envers ses citoyens les plus pauvres : ils étaient perçus comme les victimes d’un dysfonctionnement du système. Désormais, nous estimons que les pauvres qui perçoivent des aides ont une dette envers la société : nous les jugeons coupables de faiblesses. Notre société prône ainsi la responsabilisation des individus au détriment d’une conception plus solidaire du rapport humain. Il n’y a pourtant aucun sens à opposer promotion individuelle et protection sociale. C’est pourquoi il convient, selon Nicolas Duvoux, de privilégier des systèmes sociaux universalistes, capables de recréer un lien social. La thèse défendue dans Le Nouvel Âge de la solidarité n’est pas nouvelle, mais elle est essentielle : c’est grâce au soutien de la société et aux protections que celle-ci peut apporter, que l’individu peut réellement prétendre à l’autonomie.

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