Chronique La Tour abolie de Gérard Mordillat

Guillaume Foussard Librairie Le Méandre (Meudon)

En cette rentrée littéraire, Gérard Mordillat signe un roman percutant qui trouve un écho particulier dans notre actualité. Une tour, fief d’une compagnie d’assurances, se révèle une allégorie cinglante de notre société.

La tour Magister se dresse fièrement dans le parc de la Défense. Trente-huit étages de métal hiérarchisés, la direction au sommet, les petites mains au rez-de-chaussée. Dissimulés dans les sous-sols de la tour, se terrent les laissés-pour-compte, sans-abri, junkies, sans-papiers qui tentent de survivre avec des miettes. Des univers séparés par le béton. Partant de ce microcosme, Mordillat construit un roman choral épatant, mettant en scène une cinquantaine de personnages. En fil rouge, le destin de Peggy, qui tente de faire le lien entre les deux mondes. Le jour, c’est une hôtesse d’accueil appréciée et désirée, le soir, la résidente du parking de la tour, où elle retrouve dans une carcasse de voiture son frère illuminé. On suit aussi Nelson, autre personnage marquant, qui après avoir côtoyé les sommets de la tour, plonge dans les abîmes de la misère et de la folie à la suite de son licenciement. L’engagement de Gérard Mordillat n’est plus à démontrer, mais la réussite de La Tour abolie réside sans doute dans cette faculté à dépeindre notre réalité sociale et le monde du travail sans verser dans la caricature. Un roman mordant donc, au rythme effréné, qui finit dans un feu d’artifice salvateur.

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