Chronique Danser au bord de l’abîme de Grégoire Delacourt

Pascale Bragard Librairie Anagramme (Sèvres)

Dans son nouveau roman, Grégoire Delacourt poursuit l’exploration des sentiments féminins. À travers la vie d’Emma, il met en scène les doutes et les questionnements d’une quadragénaire.

Emma, femme accomplie dans sa vie de mère aborde la quarantaine avec ennui. Elle se laisse doucement porter par le quotidien, partagée entre un travail peu intéressant et une vie de famille trop lisse. Mais, un jour, au détour d’un café, elle croise le regard d’un homme. Ce bref instant va bouleverser son existence, et faire remonter ses angoisses et ses doutes. Mais peut-on repousser ses limites quand il s’agit d’atteindre le bonheur ? C’est donc tout en finesse et subtilité que l’auteur brosse le portrait de cette femme qui, finalement, ressemble à chacune de nous. Elle n’est pas une héroïne. Elle est simplement une épouse, une mère qui revendique sa féminité et se nourrit du regard de l’autre. Pour renforcer cette image, l’auteur va jusqu’à imaginer un parallèle avec « La chèvre de Monsieur Seguin », qui, « au bord de l’abîme », préfère courir le risque de mourir que de renoncer à sa liberté. Car cette liberté est avant tout le fil conducteur du roman et c’est uniquement au nom de cette liberté qu’Emma sera capable de tout quitter. Cette construction apporte au récit un rythme original, mélancolique mais jamais triste.

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