Chronique Carnets de New York de Paolo Cognetti

  • Paolo Cognetti
  • Traduit de l'italien par Anita Rochedy
  • Coll. «La cosmopolite»
  • Stock
  • 30/09/2020
  • 208 p., 17.50 €

Laura Mouveaux Librairie Sauramps Odyssée (Montpellier)

Celui qu’on connaît comme le Garçon sauvage (référence à son livre publié aux éditions Zoé puis chez 10/18), arpenteur de montagnes du Val d’Aoste à l’Himalaya, nous livre ici une autre facette de lui-même : l’amoureux de New York où la verticalité s’exprime en gratte-ciels.

Paolo Cognetti, dans sa jeunesse, se rend à New York pour documenter la ville à travers ses écrivains. C’est un coup de foudre qui s’opère et qu’il confesse dans ces Carnets de New York. L’auteur se fait guide et nous prend par la main pour nous emmener d’un quartier à l’autre où chaque avenue a son identité, où chaque communauté a son histoire. Traverser New York, c’est traverser mille villes et mille vies, car tout y est en perpétuel mouvement. C’est ce que Cognetti retranscrit dans ses chapitres comme des souffles qui semblent écrits dans l’urgence de vivre ce qu’il y raconte, avant que tout ne change encore. Il a un appétit d’ogre à rencontrer, visiter, comprendre : aller jusqu’aux limites de la ville au risque de s’en faire chasser, pour se construire sa propre image de New York. Pour cela, il se nourrit des écrivains qu’il est venu y chercher : il cite Walt Whitman, Kerouac, Colson Whitehead, Grace Paley. Il raconte aussi Melville, Hubert Selby Jr… Et dans leurs pas, il vient chercher, loin de son foyer milanais, de quoi devenir à son tour écrivain. Truffé d’anecdotes historiques, de scènes du quotidien, de personnages incroyables – comme la petite mamie aveugle et autoritaire, ou Jimmy et Bob, les deux copains italo-américains – ces Carnets de New York sont vibrants et enchanteurs. On y trouve les bruits, les odeurs, le goût du pastrami de Thanksgiving, les regards des habitants après le 11 septembre 2001 ; on y croise des petites librairies, trois ponts caractériels et tout un tas de scènes de vie dans les fenêtres encore éclairées de l’immeuble d’en face. Tout cela nous est livré dans une langue d’une grande poésie, merveilleusement traduite de l’italien par Anita Rochedy. Il semblerait que Paolo Cognetti se soit fait un cadeau à lui-même : il a enfin écrit son livre new-yorkais°!

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