Chronique L'Hiver le plus froid de Paula Fox

Par Claudia de Bonis, Librairie du Rond-Point, Paris 8e

Paula Fox évoque son séjour dans une Europe aux plaies béantes. L’acuité de son regard et sa compréhension des situations en font un témoin indispensable. Une leçon d’écriture et de vie.

1946. Paula Fox a 23 ans et derrière elle une vie déjà bien mouvementée. Elle a subi d’innombrables déménagements, fréquenté des musiciens, des acteurs, l’alcool et la précarité. Cette jeune New-Yorkaise qui débarque dans une Europe dévastée n’a donc rien d’une héroïne d’Henry James. Correspondante pour une petite agence de presse londonienne, elle voyage à travers l’Europe (Paris, Prague, Varsovie, la Silésie et enfin l’Espagne), avant son retour aux États-Unis. En 2005, Paula Fox se penche sur les souvenirs de cette année décisive de sa vie. The Coldest winter , enfin traduit, paraît aujourd’hui chez sa fidèle éditrice Joëlle Losfeld. Avec cette économie de moyens dont elle a le secret, Paula Fox dresse en trois lignes le portrait de l’oncle Antonio, torturé dans une prison franquiste, de Jean-Paul Sartre rencontré fugacement à Saint-Malo, de Maggie, l’amie américaine surgissant à Saint-Germain-des-Prés un verre de vin blanc à la main. Elle nous embarque au cœur de l’hiver, au cœur des ruines, dans le cœur des gens. D’une main délicate, elle tisse ses souvenirs, fil de trame, fil de chaîne légers comme des flocons de neige, en une centaine de pages subtiles et puissantes.

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