Chronique La Mer et l’enfant de Sabine Huynh

Anne-Françoise Kavauvea Librairie Point d’encrage (Lyon)

Écrire peut-il combler le vide absolu ? La Mer et l’enfant, premier roman de Sabine Huynh, adopte la forme d’un cahier intime que scandent dix-huit jours non datés. La question du temps y est cruciale, en effet. Magda, la narratrice, se trouve dépossédée de son passé, de son présent et de son avenir. Héritière d’une histoire familiale tragique, elle porte comme un fardeau le prénom de sa grand-mère gazée à Auschwitz ; enfant rejetée par sa mère, elle se sent incapable d’instiller de l’amour dans la relation qu’elle entretient avec sa fille. Privée ensuite de cette enfant, qu’elle a abandonnée sur une plage déserte alors qu’elle-même s’enfonçait dans les flots, elle tente désespérément d’ouvrir une brèche dans le mur de l’absence par les mots déposés sur le papier. Texte poétique, serré et désespéré, ce beau roman nous immerge dans un réseau d’émotions violentes : et si la page blanche était le seul espace de liberté, si la vie n’était possible qu’à travers l’écriture qui permet d’inventer et de se réinventer ?

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