Ecrivains voyageurs Cédric Gras en Albanie, Kosovo, Serbie...

Illustration de Cédric Gras en Albanie, Kosovo, Serbie...

...nous raconte les coulisses de l'écriture de son roman Saisons du voyage publié le 28 mars 2018 aux éditions Stock.
 

Je n'ai jamais été de ceux dont l'imagination suffit à camper un décor. J'ai besoin de voir. J'ai besoin de parler. L'Albanie n'est par ailleurs pas de ces pays dont on a une idée très précise avant de partir. Ni le Kosovo, ni la Serbie. Trois pays que je voulais parcourir pour transcender les Balkans. Depuis des lustres, je m'interrogeais sur cette mosaïque qui sert de porte à l'Europe. Mes itinéraires avaient toujours soigneusement évité cette région pourtant carrefour. Comment avais-je réussi ce tour de force ? Alors que j'envisageais un essai illustré de différents périples, j'ai voulu sillonner cette région charnière. Ces contrées qui ont toujours formé le seuil de l'Orient.

En m'octroyant son aide, Hors les murs Stendhal a bien voulu faire une entorse à sa règle du pays unique. Les Balkans sont des confettis. J'ai eu le droit de parcourir trois États pour le prix d'un. Les Balkans m'intéressaient à condition de pouvoir en franchir quelques frontières. Elles rappellent l'héritage de la Yougoslavie. Elles sont les lignes des anciennes guerres. Par ailleurs, j'aime parvenir dans un pays par voie terrestre plutôt que largué par un avion dans un aéroport.

 

« « J'ignorais totalement ce qui allait y remplir mes carnets de route. C'était une découverte sur une feuille blanche et vierge. Les impressions ont plu sur la route. Le livre ne s'est écrit qu'après. » »

 

Pour autant, je me suis beaucoup attardé en Albanie. J'ignorais totalement ce qui allait y remplir mes carnets de route. C'était une découverte sur une feuille blanche et vierge. Les impressions ont plu sur la route. Le livre ne s'est écrit qu'après. L'écrivain voyageur alterne périodes de nomadisme et de sédentarité. C'est à ce moment que l'on reprend ses notes pour y faire le tri. Mais sur le moment, tout est bon à prendre. J'ai sillonné le pays en baragouinant comme je pouvais avec qui voulait. J'ai aussi contacté quelques personnalités à Tirana, la capitale. J'ai trouvé un grand secours à l'Alliance française de Tirana dont le directeur s'est révélé précieux. L'Institut français, dans le cadre de la bourse Hors les murs Stendhal, demande en effet que l'on profite de son séjour pour intervenir dans le réseau culturel français. Loin d'être un inconvénient, c'est l'occasion d'enrichir ses recherches et sa découverte.

 

Je suis arrivé au Kosovo lors de la libération par la France de Ramush Haradinaj. Il était accueilli par des salves de Kalachnikov, un concert et des anciens de l'UPA vêtus de treillis. J'ai visité Mitrovica pour me rendre sur les hauts lieux des conflits des Balkans. La frontière avec la Serbie était à peine ouverte à cause d'un regain de tension. Ce n'est pas ce que j'étais venu chercher mais cela m'a permis de comprendre que la sérénité de ces pays aujourd'hui n'est qu'apparente. Les forces de l'ONU et la tutelle internationale en témoignent aussi. Ils protègent ces monastères orthodoxes de toute beauté où l'on risque à chaque icône le syndrome de Stendhal ! La Serbie a servi de conclusion à ce voyage. Belgrade où l'on se fait soudain une autre idée de cette ville que l'actualité a toujours associée aux bombes. La Voïvodine, si plane. À mille lieues de la mer ionienne baignant l'Albanie.

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