Laurent Bojgienman

Comment et pourquoi êtes-vous devenu libraire ?
Après avoir été contrôleur de gestion, j'ai voulu travailler dans le monde du livre. J'ai eu l'occasion de découvrir la librairie notamment à L'Armitière à Rouen puis j'ai rencontré mon associée au cours de la formation « Créer ou reprendre une librairie » de l'INFL et nous avons fini par racheter la Librairie Nouvelle en 2009. Officiellement c'est à ce moment que je suis devenu libraire. Du jour au lendemain, je me suis « retrouvé » chef d'entreprise, commerçant mais le métier de libraire je l'ai véritablement appris chaque jour depuis onze ans, sur le terrain au contact de l'équipe de libraires mais aussi en échangeant avec les clients, les représentants, les éditeurs et avec d'autres responsables de librairie.

Parlez-nous un peu de votre librairie et de votre équipe.
Quand nous avons décidé de nous associer Hélène Bourdin et moi, nous ne nous imaginions pas à la tête d'une « grosse machine », institution asniéroise depuis 1936 sur plus de 200 m². Elle est aujourd'hui la deuxième librairie indépendante des Hauts-de-Seine, nous l'avons redynamisée, développée et déménagé pour une rue plus passante, un espace plus pratique, plus agréable dans lequel nous avons pu faire de nombreuses rencontres. Notre équipe compte six libraires et deux papetiers. Elle est plutôt jeune, mixte, passionnée, en grande partie issue de l'INFL. Chacun des libraires, en plus d'être polyvalent, est responsable d'un rayon dans lequel il conseille plus particulièrement les lecteurs.

Racontez-nous une anecdote amusante avec un client.
Tout récemment, alors que nous commencions tout juste à réfléchir à la réouverture de la librairie et aux nouvelles modalités de conseils avec les contraintes sanitaires, une de nos clientes nous a précédés en imaginant pour nous comment nous pourrions mettre en valeur nos coups de cœur dans les vitrines. Cela montre bien l'implication des clients et leur attente.

Quel est le premier livre de votre bibliothèque que vous avez rouvert ?
J'ai profité de la période du confinement pour me plonger dans Le lambeau de Philippe Lançon et j'ai pris un grand plaisir à relire La Peste de Camus, ce qui n'est pas très original en cette période, mais aussi un autre classique Tintin au Tibet. Rien de mieux pour voyager et s'échapper !

Quel serait le conseil que vous aimeriez donner à nos lecteurs pour ces prochaines semaines un peu spéciales ?
Évidemment continuer à fréquenter leur librairie indépendante ! À la fois pour la soutenir dans cette période compliquée et pour inventer ensemble de nouvelles relations autour des livres.

Une autre idée de question à laquelle vous aimeriez répondre ?
J'aimerais parler du rôle que peuvent jouer les librairies indépendantes. Non seulement pour nos clients qui ont exprimé leur attachement à leur librairie, mais aussi pour les éditeurs indépendants. En effet, ils souffrent tout autant de cette crise et les librairies indépendantes constituent la vitrine principale pour leurs ouvrages auxquels nous sommes très attachés.