Patricia Mériais-Martin

Comment et pourquoi êtes-vous devenue libraire ?
Depuis l'apprentissage de la lecture, j'ai toujours voulu exercer un métier lié à la littérature : institutrice, professeure de lettres, documentaliste, bibliothécaire... Après un bac littéraire, l'évidence du métier de libraire s'est imposée avec la rencontre d'un professionnel qui m'a donné ma chance et appris mon métier, il y a plus de trente-cinq ans. J'ai découvert les arcanes d'un monde fait de rencontres, d'échanges, de découvertes, de complicités...

Parlez-nous un peu de votre librairie et de votre équipe.
Après la fermeture de la librairie Les heures Claires, j'ai repris, dans le même quartier, Le Porte-Plume, en 2005. Cette enseigne existait depuis plus de cinquante ans et c'est avec beaucoup de bonheur que j'ai pu continuer à exercer ce métier que j'aime tant avec mes clients fidèles et heureux pour moi. Un espace papeterie avec cahiers, carnets, stylos et carterie étoffe mes rayons, complète mes choix de libraire généraliste en associant de beaux objets à mes coups de cœur littéraires. J'organise des rencontres-dédicaces, je suis partenaire d'une association littéraire et aime sortir de mes murs pour des rencontres en milieu scolaire.

Racontez-nous une anecdote amusante avec un client…
J'ai réalisé, au fil des années, un bêtisier offert à mes clients pour une date anniversaire. Certains en rient encore... Notre quotidien est ponctué de demandes particulières qui nous transforment parfois en détective sur la piste d'un auteur anonyme, ou à partir d'un mot, d'une thématique...

Quel livre de votre bibliothèque avez-vous rouvert en premier ?
Souvenir du lycée et de ma rencontre avec Albert Camus, le roman La peste, relu plusieurs fois, et souvenir également très fort de Francis Huster le jouant seul sur scène.
« Ceux qui se dévouèrent aux formations sanitaires n'eurent pas si grand mérite à le faire, en effet, car ils savaient que c'était la seule chose à faire et c'est de ne pas s'y décider qui alors eût été incroyable. Ces formations aidèrent nos concitoyens à entrer plus avant dans la peste et les persuadèrent en partie que, puisque la maladie était là, il fallait faire ce qu'il fallait pour lutter contre elle. Parce que la peste devenait ainsi le devoir de quelques-uns, elle apparut réellement pour ce qu'elle était, c'est-à-dire l'affaire de tous. »

Quel conseil donneriez-vous à nos lecteurs pour ces prochaines semaines un peu spéciales ?
Lire, relire, partager ses textes favoris. Profiter de ses magnifiques compagnons que sont les livres dans tous les moments de notre vie.