Guillaume Chevalier

Comment et pourquoi êtes-vous devenu libraire ?
Grand lecteur depuis mon enfance, je suis devenu libraire à la faveur d’une opportunité qui a aiguisée en moi l’envie de faire de cette passion mon métier. Ayant toujours voulu être au contact des autres, lorsque la petite librairie indépendante du quartier où habitait ma chère et tendre se retrouva en vente, j’ai sauté sur l’occasion. Les livres, la chaleur humaine, le charme du quartier et l’indépendance professionnelle, tout était idéal à mes yeux. Il a bien sûr fallu convaincre les banques et ça n’a pas été une mince affaire, mais un an et demi plus tard, grâce à la patience de ma prédecesseuse, je reprenais la librairie Mot à mot à Fontenay-sous-Bois. Huit années ont passées, et j’y suis toujours aussi heureux.

Parlez-nous un peu de votre librairie et de votre équipe.
Ma situation est un peu particulière. La librairie, qui existe depuis 1996, est probablement l’une des plus petites de France avec une superficie de 25 m². Mais ne vous fiez pas aux apparences, c’est une librairie généraliste ! Je gère la librairie tout seul, ce qui me convient parfaitement. Je connais bien les habitué.e.s et leurs goûts, une relation forte s’est créée avec les habitant.e.s du quartier et la librairie est bien ancrée dans la vie locale. Et même si la gestion du stock de livres (7 000 tout de même !) peut parfois faire ressembler la librairie à une partie de Tetris géant, j’aime à penser que cela fait partie de son charme !

Racontez-nous une anecdote amusante avec un client.
Une fois, une personne est entrée dans la librairie, a attentivement regardé autour d’elle avant de me demander : « C’est bien ici la pharmacie ? » Malgré le fait que cette question était clairement à prendre au premier degré, j’aime à penser qu’il s’agissait d’un lapsus révélateur…

Quel est le premier livre de votre bibliothèque que vous allez rouvrir?
J’adorerais relire les recueils de nouvelles de Dino Buzzati, qui sont absolument extraordinaires. Particulièrement la nouvelle Sept étages, surtout en cette période (vous comprendrez en la lisant). Mais étant père de deux enfants en bas âge, le premier livre que je risque de rouvrir, c’est T’choupi ne veut pas se coucher !

Quel serait le conseil que vous aimeriez donner à nos lecteurs pour ces prochaines semaines un peu spéciales ?
Pour les personnes qui lisent beaucoup, et qui ont souvent pas mal de lecture d’avance, c’est enfin le moment de faire diminuer cette pile de livres en attente sur votre table de chevet ! Sinon, je suis pour l’exploration, la redécouverte de nos bibliothèques où se cachent souvent de belles pépites ou plus simplement un livre dont vous aviez repoussé la lecture. En cette période très particulière, le livre est sûrement l’un des meilleurs moyens d’évasion et de réflexion que nous avons à notre disposition. Et si vraiment vous êtes à court de lecture, pourquoi ne pas s’essayer à l’écriture ?