Gaëlle Farre

Comment et pourquoi êtes-vous devenue libraire ?
Je crois que j’ai toujours voulu travailler « dans les livres »… c’est en tout cas comme cela que je répondais à la question de ce que je voudrais faire plus tard avant de passer mon bac. J’ai fait un DUT Métiers du livre à Grenoble, au début des années 2000, avec l’idée de travailler en bibliothèque. C’est ce que j’ai fait durant plusieurs mois et j’en garde un très beau souvenir, notamment parce que c’est là que je suis tombée en amour pour la littérature jeunesse et que j’ai voulu me spécialiser dans la matière. À la fin de mon DU « Littérature et bibliothèques pour la jeunesse », j’avais la possibilité de faire différents stages et je suis allée en faire un dans une librairie spécialisée jeunesse – qui n’existe malheureusement plus aujourd’hui : La Dérive Jeunesse (toujours à Grenoble). C’est là qu’une libraire passionnante et exaltée, Muriel de son prénom, m’a tout appris – ou presque ! de ce métier que je n’ai plus quitté et que j’exerce maintenant à Marseille...

Parlez-nous un peu de votre librairie et de votre équipe.
Je m’occupe du rayon jeunesse de la librairie Maupetit à Marseille, sur la Canebière. C’est une librairie généraliste – elle a fêté ses 100 ans l’année dernière ! –, qui a également une galerie d'expositions photographiques au premier étage et un rayon papeterie.
J’évolue depuis 10 ans au sein d’une équipe d’une petite quinzaine de libraires et je ne vois franchement pas les années passer !

Racontez-nous une anecdote amusante avec un client…
Amusante, je ne sais pas, mais en tout cas fort émouvante pour moi… C’était un vendredi soir, les vacances scolaires commençaient juste et Pablo – un client que j’ai connu petit et qui est maintenant plus grand que moi ! – allait partir le lendemain, loin de Marseille. Il m’a dit, du haut de ses 10 ans : « Je sais que vous ne partez pas en vacances ce mois-ci mais je vous souhaite un bon voyage dans les livres... » et mon cœur a fondu.

Quel livre de votre bibliothèque allez-vous rouvrir en premier ?
Durant les premiers jours du confinement, je n’ai pas eu le sourire facile et je me suis très vite entourée de quelques-uns de mes livres fétiches, parmi lesquels Je suis ton soleil (Marie Pavlenko, Flammarion Jeunesse). Passé le moment contenant la phrase « Quoi de plus sexy qu’un bouquin ? », je me suis détendue… et j’ai ri. Pour moi, ce livre « était » et est encore un monument de belle humeur !

Quel conseil donneriez-vous à nos lecteurs pour ces prochaines semaines un peu spéciales ?
On peut voir dans ces semaines confinées l’occasion de profiter de ce que l’on a récolté au fil des années… Relire, c’est redécouvrir et je m’y emploie avec plaisir un peu tous les jours, notamment avec des albums et des BD dont je suis dingue. Et c’est aussi le moment de faire baisser nos PAL – ces fameuses « piles à lire » – qui sont parfois vertigineuses ! En résumé, profitons de ce que l’on a à la maison!