Isabelle Réty

Comment et pourquoi êtes-vous devenue libraire ?
Un peu par hasard en fait ! Depuis toute petite j’ai toujours été une grande lectrice mais je n’avais jamais pensé en faire mon métier. Je venais de passer une année en Angleterre comme assistante de français dans une High School (collège et lycée) et j’avais décidé d’arrêter la fac… Je suis allée à Gwalarn un 23 décembre pour acheter des cadeaux de Noël et l’un des gérants de l’époque prend deux minutes (la librairie était pleine à craquer !) pour me demander ce que je devenais. Je lui explique que je cherche du boulot et, entre Noël et le Nouvel An, il m’appelle pour me proposer un remplacement de deux semaines en février. S’en est suivi un contrat d’apprentissage et un CDI. Voilà comment toute l’histoire à débuté, il y a un peu plus de trente ans maintenant !

Parlez-nous un peu de votre librairie et de votre équipe.
La librairie Gwalarn est une librairie généraliste de 250 m2 située dans une rue piétonne du centre-ville de Lannion. Nous sommes dix personnes à y travailler : six libraires, deux apprentis, une comptable et un réceptionniste. J’ai en charge toute la partie jeunesse, de la petite enfance aux grands ados !

Racontez-nous une anecdote amusante avec un client…
Un client me demande un livre pour une petite fille de 3-4 ans. Je me dirige naturellement vers la partie albums et ce monsieur me dit d’un ton outré que ce n’est pas du tout ce qu’il veut. Sa petite-fille lit beaucoup et ne veut plus de livres avec des images ! Ce n’est plus de son âge ! Il souhaiterait lui offrir quelque chose comme Harry Potter. Un peu perfide, je lui demande si elle l’a déjà lu. Très sérieusement, il me répond que non mais il pourrait lui offrir… Je lui montre le premier tome en lui précisant que ce n’est pas du tout adapté pour une enfant de 3-4 ans. Ce n’est pas grave, me répond-il, elle le lira l’année prochaine !!

Quel livre de votre bibliothèque allez-vous rouvrir en premier ?
En fait, je ne relis jamais un livre ! Curieusement, pendant les premiers jours du confinement, je n’ai pas lu beaucoup… L’ambiance était un peu spéciale, comme un temps suspendu qui n’était pas une période de vacances et pourtant je ne travaillais pas. Un arrêt brutal, non programmé, même si on le sentait venir depuis quelques jours. J’ai passé pas mal de temps au téléphone les deux ou trois premiers jours ! Et puis j’ai plongé dans les piles qui m’attendaient ! J’ai lu deux très bons polars adultes : Une femme de rêve de Dominique Sylvain, chez Viviane Hamy, et Le disparu de Larvik de Jørn Lier Horst, à paraître chez Gallimard.