Entretien avec LINDA BORTOLETTO

Un ange en quête de soi

Quand elle foule cette terre d’Israël, Linda Bortoletto a conscience que ce voyage est essentiel. De ce périple, elle ramène des mots précieux, un texte écrit d’une plume vive et libre. Une expérience humaine et spirituelle intense. Elle nous transmet sa fougue, cet émerveillement indispensable à l’équilibre de chaque être humain, en nous faisant partager son amour de la vie.

Par LINDA POMMEREUL, Librairie Doucet, Le Mans

Linda Bortoletto est une ancienne militaire qui a tout abandonné pour changer de vie. En Sibérie, en Israël ou en Turquie, elle marche pour ressentir « le tellurisme d'une terre ». Elle entend parler du chemin des Anges lors d'une rencontre avec des voyageurs israéliens. Ce nom lui revient dans un songe comme un appel, une évidence. Ce voyageval'amener à une réflexion par rapport à ses origines, ses racines, ses croyances. Elle va succomber au charme de cette terre, habitée par ce chemin. Une quête spirituelle qu'elle transmet dans des pages somptueuses. Jour après jour, pas après pas, on assiste à son éveil spirituel, un voyage intérieur nourri par des rencontres, celles avec les Anges, ses hôtes qui l'accompagnent dans sa réflexion et son cheminement. Voyageuse audacieuse, Linda Bortoletto crée sa propre lumière, sa voie car peu importe le projet, ce qui compte, c'est le voyage, l'expérience et la transmission. Son regard est attentif et son cœur ouvert, sans cesse émerveillés par la nature et l'homme.

PAGE — Comment est né ce projet de vous rendre en Israël pour sillonner les 1000 km du Shvil, le chemin des anges ?
Linda Bortoletto — Mon projet est né d’une vision, pendant une méditation, en octobre 2017. J’avais décidé de ne pas voyager pendant un an, afin de créer des formations sur le thème de l’audace. Mais lors d’une méditation – je médite chaque matin depuis plusieurs années – j’ai reçu une vision très claire qui a orienté mon regard vers Israël. Ce fut un appel ! Une évidence à laquelle j’ai cédé. Ce qui m’a perturbée, au départ, c’est qu’en tant que grande amoureuse des immensités, des régions reculées, isolées, jamais je n’avais pensé me rendre dans ce pays, si petit. J’ai mis de côté ma raison en même temps que mes projets de formation, je me suis fiée à mon ressenti et un souvenir enfoui m’est revenu. Trois auparavant, dans l’Himalaya, des Israéliens m’avaient parlé d’un chemin de randonnée qui serpentait à travers leur pays. Dès lors, les contours de mon voyage se sont dessinés : découvrir Israël au contact de la nature, grâce à la lenteur de la marche, le long de ce chemin de plus de 1000 kilomètres.

P. — À la lecture de ces pages, on sent que vous avez succombé au charme de ce pays, au magnétisme de cette terre.
L. B. — Si je devais retenir un seul qualificatif pour ce voyage, ce serait : inattendu. Je ne m’attendais pas à me rendre dans ce pays. Je ne m’attendais pas à y découvrir une telle diversité, dans la nature, les cultures, les traditions. Je ne m’attendais pas à y rencontrer une énergie si puissante qu’elle m’a renversée et captivée. C’est d’ailleurs pourquoi, après avoir parcouru le chemin, je suis revenue neuf mois sur cette terre pour mieux cerner l’expérience vécue et être certaine que cette énergie, ce magnétisme que j’ai ressentis au cours de ma marche n’étaient pas le fruit de mon imagination ou d’un fantasme. Mon retour n’a fait que confirmer, voire renforcer ma première impression.

P. — Les rencontres… de nombreuses rencontres illuminent votre récit. Une merveilleuse manière de connaître et de comprendre un pays ?
L. B. — Les rencontres créent le relief et la richesse du voyage. Rencontrer l’autre, c’est rencontrer une autre langue, une autre culture, d’autres croyances, c’est rencontrer une autre vision, du monde et de la vie. C’est se rencontrer soi. Cela permet de briser ses préjugés, d’aller au-delà des apparences. Au contact de l’autre, la conscience se dilate. C’est d’autant plus fort dans un pays comme Israël, essentiellement connu à travers le prisme des médias, donc méconnu. Ce qui m’a fascinée, c’est d’y rencontrer des personnes si différentes dans un temps et un espace si restreints. Une véritable mosaïque ! Cela a décuplé la richesse de ce voyage. Ce fut une expérience intense, qui m’a profondément nourrie.

P. — La vie d’aventurière fait rêver, mais elle ne s’improvise pas. La préparation physique doit être intense ?
L. B. — Disons que j’ai toujours été une grande adepte du sport ! L’entraînement sportif fait partie de mon hygiène de vie, au même titre que la méditation ou la lecture. Je cours une heure en moyenne cinq fois par semaine ou, lorsqu’il m’arrive d’être lassée par la course à pied, je me rends à des cours de fitness ou de musculation.

P. — Le voyage vous permet de vous ouvrir à la question de la spiritualité, de l’âme et à la nécessité de nous élever. Le voyage se mue en une quête spirituelle. Après le soufisme, le bouddhisme, vous découvrez la Kabbale.
L. B. — Après m’être initiée au chamanisme en Sibérie, au bouddhisme dans l’Himalaya, je découvre la Kabbale en Israël, et plus précisément à Tzfat, dans le Nord du pays. Une révélation ! Non seulement j’y ai trouvé des points communs avec le bouddhisme, mais la kabbale m’a aussi éclairée sur quelque chose d’essentiel : se questionner, sans cesse. C’est précisément ce qui me guide depuis que j’ai changé de vie et commencé à voyager, en 2011.

P. — « Je serai qui je serai. Un être en devenir permanent. » C’est cela le sens du voyage, « se libérer du déterminisme. S’indéterminer. Et devenir ».
L. B. — C’est le sens de la vie ! Cette formule puisée dans la Torah : « Je serai qui je serai », « Ehyeh Asher Ehyeh » en hébreu, associe les notions de lâcher prise et volonté. Ce sont là les ingrédients nécessaires pour construire notre devenir, notamment dans un monde incertain. 

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Lu et conseillé par :

  • Librairie Le Pain des rêves à Saint-Brieuc Jean TANGUY
  • Librairie M'Lire à Laval Sébastien BALIDAS