24-10-2011

Garouste

De la figure du père, qui le marquera à vie, à ses périodes de folie en passant par son parcours de peintre, Gérard Garouste se livre en auto-portrait franc, sans demi-teinte. Le peintre parle longuement de sa relation à son père. Cet homme antisémite, qui allait récupérer les meubles confisqués aux juifs pendant la guerre pour les revendre ensuite, ce père psychopathe, capable de déshériter son propre fils, et qui a, selon certains, conduit Garouste aux crises de folie, dont son existence de père, de mari, d’artiste a été jalonnée, avec les séjours en hôpital psychiatrique. Dans quelle mesure la folie et l’œuvre du peintre se nourrissent-elles de ces rapports compliqués ? C’est une des questions que l’on peut se poser. Car s’il donne des réponses, quelques pistes ici ou là, la force de ce texte est aussi d’encourager le lecteur à s’interroger sur l’art et ses liens avec la folie, sur l’héritage que l’on reçoit et ce qu’on en fait. Un mot à propos de Judith Perrignon, qui a su aider Garouste à mettre en ordre ses pensées tout en réussissant à faire oublier sa présence derrière les mots du peintre.

Diane Maretheu Librairie des Batignolles, Paris 17e

Gérard Garouste, L’Intranquille, Le Livre de Poche, 6 €